À partir de la fin du XIXe siècle, les tensions au sein de l’Europe, suscitées notamment par les conflits franco-prussiens s’amenuisent et laissent place en France à une effervescence sans précédent. Jusqu’à l’aube de la Première Guerre mondiale, Paris vit dans l’optimisme, l’insouciance, la fête et une grande modernisation avec une seconde révolution industrielle et artistique. Petit tour d’horizon du Paris de la Belle Époque.

La tour Eiffel

Commençons par le lieu le plus évident, mais aussi l’un des grands événements de cette période : la tour Eiffel construite dans le cadre de l’Exposition Universelle de 1889 à Paris. Pour cet événement d’un importance cruciale pour la France de l’époque, un concours est organisé par le ministère de l’Industrie et du Commerce. Le lauréat, Gustave Eiffel, entreprend la construction de la Tour Eiffel, inaugurée le 31 mars 1889 après plus de deux ans de travaux. Haute de 312 mètres, la Tour Eiffel, malgré les controverses qu’elle entraine à sa construction, représente encore aujourd’hui la Ville Lumière et fait de Paris l’une des vitrines du monde.

Affiche de l’Exposition Universelle de 1889.
©Musée Carnavalet

Le quartier des Grands Boulevards

Les progrès techniques et industriels s’accompagnent d’une grande prospérité durant la Belle Époque et Paris devient synonyme de fêtes, une ville où l’on mène une « grande vie ». Le quartier des Grands Boulevardsest le symbole de ce Paris du divertissement. Honoré Balzac déclare à propos de ce quartier jouxtant Saint-Lazare : « les Boulevards sont aujourd’hui pour Paris ce que fut le Grand Canal à Venise ». De la Madeleine jusqu’à la Bastille, la zone est peuplée de cafés, les grands magasins sont imposants et ravissent les yeux grâce à leurs devantures ornées de statues et de dorures. Un peu plus loin, sur le boulevard des Capucines, une plaque commémore la première projection payante du Cinématographe des frères Lumière en 1895. La Belle Époque était aussi celle de l’innovation !

Henri Brispot (1846-1928)

Le cabaret du Chat Noir à Pigalle

Ce monde de fêtes et de réceptions de la fin du XIXe siècle qui voit également la bourgeoisie évoluer au cœur de son âge d’or est aussi présent à Pigalle, dans les cabarets. Parmi les nombreux cabarets du Nord de Paris, un des plus célèbres de l’époque est le Chat noir, fondé en 1881. Il est le symbole de l’insouciance qui gagne les mentalités parisiennes, le style Bohème et la vie au jour le jour. Le Chat noir est le premier cabaret doté d’un piano ce qui en fait le précurseur des chansons de cabaret. L’affiche « Tournée du Chat noir » créée par Théophile Alexandre Steinlen pour promouvoir le cabaret en 1896 est restée célèbre et symbole du pittoresque parisien de l’époque.

Le Pont Alexandre III, le Petit et le Grand Palais

Inauguré lors de l’Exposition universelle de 1900, le pont Alexandre III est le plus ornementé des ponts parisiens et l’un des grands symboles du Paris 1900 grâce à sa débauche de décoration, son abondante utilisation de l’or et sa surcharge de motifs. Pensé dans la continuité du Petit et du Grand Palais, construits eux-aussi pour l’Exposition universelle de 1900, le pont Alexandre III partage avec les deux édifices qui lui font face la caractéristique de l’architecture de la Belle Époque, à cheval entre le classicisme et la modernité et toujours un peu grandiloquent.

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Les entrées du métropolitain

Un des vestiges de la Belle Époque les plus visibles aujourd’hui reste le métro parisien, dont les entrées sont typiques de l’Art Nouveau qui nait à cette époque, à tel point que ce mouvement artistique sera parfois surnommé « art métro ». En 1898, 141 entrées, dont 13 grands édicules d’accès, sont réalisées par Hector Guimard, il en reste aujourd’hui un peu plus de 80 et seulement trois grands édicules, dont celui de la station Abbesses !

Entrée du métro Abbesses.

L’immeuble de l’avenue Rapp

On ne peut visiter le Paris de la Belle Époque sans faire un tour du côté de l’avenue Rapp dans le 7e arrondissement. Là, un immeuble impressionnant, tout en démesure attire l’œil de quiconque passe par hasard. Œuvre de l’architecte Jules Lavirotte et du céramiste Alexandre Bigot achevée en 1901, la façade a été primée au concours de la Ville de Paris. Tout en couleur, en courbes et ornementations florales : une architecture typique Art Nouveau se dessine ici, sans oublier la porte d’entrée dont on vous laisse l’appréciation !

Immeuble Lavirotte

 

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