Quand la Première Guerre mondiale éclate en 1914, celle que l’on appelle Mata Hari est une danseuse néerlandaise, connue pour ses danses exotiques et sensuelles. Sans avoir réellement conscience de ce qu’elle encourt, la jeune femme va se lancer dans un tourbillon d’espionnages et de contre-espionnages au service de la France et de l’Allemagne. Elle sera fusillée au fort de Vincennes le 15 octobre 1917 et devient une véritable légende. Retour sur la trajectoire exceptionnelle d’une des dernières cocottes de la Belle Époque.

Une danseuse sulfureuse

Margaretha Geertruida Zelle naît aux Pays-Bas en 1876. Malgré ses origines plutôt bourgeoises, elle connaît une enfance difficile avec la faillite de son père en 1889 et la mort de sa mère alors qu’elle n’a que 15 ans. Jouant de sa physionomie peu commune aux Pays-Bas – très brune au teint halé -, elle devient vite une séductrice hors-pair et entretient très tôt une liaison avec le directeur de son établissement scolaire.

Gagnée par l’ennui, mais pleine d’ambition, elle épouse un militaire à l’âge de 18 ans, le suit en Indonésie où elle s’initie à la danse orientale et se créer le personnage de Mata Hari, “œil du jour” en malais. Finalement, elle divorce de son mari violent en 1902 et débarque en France. Arrivée à Paris, elle certifie être née dans les îles et s’impose dans le milieu du spectacle avec une danse qui relève davantage du strip-tease que de la danse orientale. Scandaleuse mais envoutante, elle se produit sur les plus grandes scènes parisiennes, devient millionnaire et multiplie les amants.

Mata Hari au musée Guimet en 1905

Une espionne légendaire

Célèbre, polyglotte, et venant d’un pays neutre pendant la guerre, Mata Hari se déplace à sa guise en Europe. Dès 1914, elle quitte la France et se retrouve en Allemagne où elle se lie avec un préfet de police qui l’engage comme informatrice : c’est le début de sa carrière d’espionne. Elle voyage officiellement comme danseuse, mais finit par être surveillée par les Alliés qui se méfie d’elle. Pour la piéger, les officiers français lui propose de rentrer au service de leur propre espionnage. À l’aide de sa fortune déjà bien entamée, Mata Hari s’installe au Palace Hôtel sur les Champs Elysées.

Un jour, alors que le gouvernement l’a envoyée à Madrid pour une mission, les services secrets français interceptent un message des Allemands grâce aux antennes de la Tour Eiffel : on y parle de l’espion allemand H-21, “très utile”, qui se révèle être Mata Hari. De retour en France, la jeune femme est arrêtée à la sortie de son hôtel en février 1917, accusée d'”espionnage et de complicité d’intelligence avec l’Ennemi” par les Français. Mata Hari n’aurait jamais cessé de travailler pour les Allemands…

Malgré une relation ambigue (encore une !) avec son avocat, Mata Hari paiera le lourd tribu d’une condamnation à mort pour avoir voulu jouer à un double-jeu. Maligne ou inconsciente, elle aura été pour certains une espionne de génie défiant l’autorité, pour d’autres une simple manipulatrice qui n’a jamais fourni aucune information utile à la France ou à l’Allemagne. Dans tous les cas, aucune certitude sur le fait que Mata Hari ait bien été l’agent H-21, ni même qu’elle ait continué à espionner pour les Allemands, n’a été établie par les juges lors de son procès. Victime de sa légèreté et de sa nature trompeuse – elle a menti toute sa vie sur sur ses origines, elle a peut-être simplement été punie pour avoir voulu séduire les hommes, les utiliser et les duper…

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