Le boulevard de la Madeleine

Bien avant le baron Haussmann, la ville de Paris a subi d’importants changements. Représentatifs de la capitale, les Grands Boulevards sont notamment une idée de Louis XIV.

Une volonté de Louis XIV

Après plusieurs victoires militaires importantes, le Roi-Soleil estime que son royaume est protégé et qu’il peut rester imprenable, le tout sans protection. Finis les forteresses et les murs, il faut faire de Paris un lieu où il fait bon vire. Pour commencer, le roi fait détruire l’enceinte de son père Louis XIII, située sur l’actuelle place de la Madeleine. Avec le soutien de son ministre Colbert, le roi projette de créer de magnifiques promenades.

Ces voies vont alors s’étendre sur 4 kilomètres, entre la Madeleine et la Bastille, et posent les bases des Boulevards d’aujourd’hui. On trouve donc un large espace dédié aux piétons et aux voitures, et un haut-lieu de loisirs et de spectacles. Décidé par Louis XIV en 1676, le Nouveau Cours devient l’une des plus belles promenades de Paris. Jusqu’au milieu du 18e siècle, les boulevards constituent un lieu privilégié de promenade sur la rive droite et permettent de délimiter Paris de la campagne.

Mais d’où vient le terme de « boulevard » dans ce cas ? La réponse ne se trouve en réalité pas très loin du royaume de France. Le terme viendrait du flamand Bolwerc. Dans le langage militaire, ce terme désigne une « fortification extérieure d’une place forte constituée par un terre-plein en avant des remparts ». Un terme bien connu pour Louis XIV, qui a passé plus de la moitié de son règne dans les guerres.

Progressivement, la noblesse et la finance s’intéressent à ces nouveaux espaces. De magnifiques hôtels particuliers voient le jour dans la partie ouest, alors que l’est accueille les attractions populaires. C’est ainsi qu’apparaissent les cafés, les cabarets et les théâtres, d’où le terme de « théâtre de Boulevard ».

Les Grands Boulevards au 19e siècle
Les Grands Boulevards : Le Théâtre des Variétés par Jean Béraud (huile sur toile)

Le 19e siècle est l’apogée des Grands Boulevards et le lieu devient synonyme de fête et de plaisirs. Les bourgeois viennent s’adonner à des plaisirs généralement interdits tandis que les femmes viennent commérer. Les passants se pressent par centaines pour aller assister aux Expositions Universelles. C’est d’ailleurs autour des boulevards que seront créés les passages couverts, offrant une agréable halte à l’abri de la poussière et de la saleté des alentours.

Depuis près de 20 ans, la Mairie de Paris est engagé dans un vaste projet de rénovation des Grands Boulevards. Il est question de l’amélioration de l’éclairage public, l’aménagement des trottoirs pour le confort des promeneurs ou encore la protection et la rénovation de l’environnement architectural. Un patrimoine parisien à préserver et qui a notamment subjugué Honoré de Balzac. Selon lui, « Toute capitale a son poème où elle s’exprime, où elle se résume, où elle est plus particulièrement elle-même. Nul autre n’est comparable aux Grands Boulevards. »

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