Qui était Christo, l’homme qui empaquetait les monuments ?

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Il s’est éteint à l’âge de 84 ans dans son domicile new-yorkais, l’artiste plasticien Christo a laissé une trace indélébile sur le patrimoine parisien, malgré le caractère éphémère de ses œuvres. Portrait de l’artiste qui, après le Pont-Neuf, empaquettera l’Arc de Triomphe dans le cadre d’une ultime œuvre posthume.

De son vrai nom Christo Javacheff, l’homme eut une enfance rude, qui marqua très probablement l’artiste quelques temps après. Résidant en Bulgarie, la famille de Christo a servi comme refuge à un nombre important d’artistes fuyant les bombardements, ce qui vaudra d’ailleurs à son père d’être emprisonné pour “sabotage”.

Peignant déjà des portraits des femmes de son village à l’âge de 6 ans, Christo se tournera dès sa majorité vers les Beaux-Arts de Sofia et se formera ainsi à la peinture, la sculpture et l’architecture. Défiant à l’égard du système communiste mis en place dans son pays, il n’hésita pas à réaliser des toiles allant à l’encontre cette idéologie, ce qui lui coûtera un exil vers Vienne en 1956 pour à Paris deux ans plus tard. C’est à cette occasion qu’il prendra part au mouvement des nouveaux réalistes mais aussi et surtout qu’il rencontrera Jeanne-Claude, sa future femme et alter-ego artistique.

Leurs œuvres, très souvent éphémères, se mettent en scène autour de toiles, câbles et structures métalliques et consistent souvent à “empaqueter” bâtiments, monuments, parc et paysages.

Parmi les réalisations les plus connues du couple d’artistes, on retrouve le Mur de barils de pétrole, projet réalisé rue de Visconti à Paris, malgré l’interdiction des autorités.

Probablement l’œuvre la plus spectaculaire de sa carrière, les Surrounded Islands, réalisées en trois ans dans la baie de Biscayne à Miami, ont vu 11 îlots artificiels, notamment utilisés comme décharges à ordure, se faire border de toiles.

Autre projet fou, résultant de 10 ans de négociations avec les autorités, l’empaquetage du Pont-Neuf par une toile du polyamide de couleur n’attira pas moins de 3 millions de visiteurs pendant les deux semaines de sa tenue en 1985. 10 ans plus tard, c’est au Reichstag d’être emballé à son tour.

Après d’autres projets à Central Park, à Londres et au Lac d’Iseo en Italie, Christo souhaita s’attaquer à l’empaquetage de l’Arc de Triomphe en 2020, sur une idée imaginée par sa femme Jeanne-Claude des années auparavant. D’abord repoussée en fin d’année, la réalisation de l’œuvre sera finalement prévue à 2021, à titre posthume, puisque l’artiste s’éteindra malheureusement en mai.

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Crédit photo à la une : Instagram @karinasartlife

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