Une girafe en liberté à Paris c’est plutôt insolite… Et si on vous dit qu’elle a marché de Marseille à la capitale, tout ça au 19ème siècle, c’est carrément du délire ! Focus sur cet incroyable destin ou comment un « simple » cadeau diplomatique a créé un véritable engouement chez les Parisiens.

Un cadeau intéressé  

L’extraordinaire histoire de Zarafa (girafe et charmante en arabe), commence en 1824 lorsque des soldats égyptiens capturent deux girafons au Soudan.

Désireux de se rapprocher de la France, Méhémet-Ali, vice-roi d’Egypte, voit en ces animaux exotiques de parfaits cadeaux diplomatiques. Il décide donc de faire voyager la girafe sur un petit navire, du Caire à Marseille deux ans plus tard. L’animal arrive à bon port le 23 octobre 1826 avec à son cou un pendentif contenant des versets du Coran, signe de son appartenance à l’Orient. Pour des raisons climatiques, Zarafa va séjourner dans la cité phocéenne tout l’hiver avant d’atteindre sa demeure finale, Paris. Pendant cette période, la girafe est pouponnée et préparée au long périple qui l’attend pour rejoindre la capitale : on lui taille un costume imperméable et un bonnet résistant afin de la préserver des aléas de température du printemps.

Zarafa sous bonne escorte pour marcher 880 km

Aux prémices de l’été, le 20 mai 1827, Zarafa prend finalement la route entourée d’une escorte de gendarmes, de deux vaches, deux antilopes et d’un mouflon. Ce convoi extraordinaire et inédit avale 880 km pour arriver à Paris deux mois plus tard. Et c’est au cours d’une cérémonie en grande pompe que Zarafa est officiellement présentée au roi, Charles X. L’animal au long cou est alors sur son 31 : elle revêt un manteau brodé d’armoiries et porte une couronne de fleurs.

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Une girafe à Paris !

Elle découvre sa nouvelle demeure royale qui n’est autre que le jardin du roi, ouvert au public pour l’occasion. Sans attendre, les Parisiens se pressent pour apercevoir, toucher, admirer cet animal exotique d’un autre monde. Une véritable « girafomania » se déclenche dans la capitale, chacun y allant de son petit clin d’œil à l’animal : elle est représentée sur la vaisselle, les cheminées, dans les coiffures des dames et les cravates des hommes… Les intellectuels et artistes lui font aussi honneur dans leurs dessins, caricatures, écrits, livres… Au total ce ne sont pas moins de 600.000 anonymes ou non qui se bousculent pour contempler Zarafa !

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Seulement cet enthousiasme s’estompe au profit de la Révolution de juillet 1830 qui signe la fin du règne de Charles X et l’arrivée de Louis Philippe. La girafe est alors confiée à Atir, son compagnon et bienfaiteur depuis son arrivée au Caire.

Le mystère de sa dépouille

Elle meurt puis se fait empailler le 12 janvier mais son histoire ne s’arrête pas là. Entre son entrée au Muséum d’Histoire naturelle de La Rochelle en 1930 et sa mort, personne ne sait ce qu’elle devient ! La légende raconte que le corps du défunt animal aurait été utilisé dans les tranchées par les soldats de la Première Guerre mondiale pour faire fuir l’ennemi. Une autre histoire rapporte que seul son cou aurait « survécu » à un bombardement… Alors quel est l’animal naturalisé aujourd’hui exposé au Muséum de la Rochelle ? Selon le personnel lui-même, certaines choses ne collent pas…

Quoiqu’il en soit, ce cadeau diplomatique a ravi bon nombre de Parisiens et fera encore parler de lui très longtemps !

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