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Les immeubles haussmanniens, une norme à Paris ? Oui et non. Car loin de ressembler aux bâtiments conçus par le baron à la fin du XIXème siècle, aux façades en pierres de taille ornées de moulures et à la hauteur n’excédant jamais 20 mètres, certains bâtiments parisiens sortent du lot avec une architecture des plus insolites ! En voici 8 exemples remarquables !

Immeuble 134 de la rue Mouffetard

Si vous connaissez la rue Mouffetard, vous n’avez pas pu passer à côté de la façade de l’immeuble du n°134, juste en face de l’église Saint-Médard : dessus, quatre panneaux d’imitation marbre et de nombreux décors champêtres d’animaux et de fleurs, réalisés avec la technique italienne du sgraffito, sorte de gravure sur ciment, très rare en France. Si l’on y admire des cerfs, des biches, des porcs, c’est parce que cette adresse était à l’époque celle d’un charcutier, un dénommé Facchetti. C’est pour se démarquer de la concurrence que ce dernier a demandé au peintre italien Eldi Gueri d’embellir sa façade vers 1930.
134, rue Mouffetard, 75005

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©besopha

Immeuble Lavirotte

Grouillante de végétaux et d’êtres vivants en tous genres, cette façade parisienne est au premier abord un peu déstabilisante : aujourd’hui classée monument historique, elle a été conçue en 1900 par l’architecte Jules Lavirotte qui en a fait un nouveau témoin de son penchant pour l’Art nouveau et ses lignes courbes. À l’époque, cet entrelacs énigmatique de fleurs, motifs, personnages et animaux divise : alors que certains s’indignent face à ce qu’ils interprètent comme des symboles érotiques, d’autres saluent la beauté de ces ornements ainsi que des céramiques d’Alexandre Bigot, qui permettent à l’œuvre de remporter le prix des façades de Paris en 1901 !
29 avenue Rapp, dans le 7e arrondissement

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©Jean-Pierre Dalbera

Immeuble Trigano

Dans le quartier du Sentier, au coin des rues de Cléry et Beauregard, se trouve un immeuble tout étroit, qui forme une pointe, baptisé l’immeuble Trigano. Ce dernier est tellement petit qu’il ne contient qu’une seule pièce par étage, mais cela ne l’empêche pas d’être habité ! Certainement charmé par le côté loufoque du lieu, le poète André Chénier y a vécu au XVIIIème siècle. Aujourd’hui, il serait un appartement de colocation avec cuisine au sous-sol, salon au rez-de-chaussée, une chambre par étage (du 1er au 3ème) et une salle de bain à l’étage le plus élevé. Fonctionnel ? Certainement pas, mais vraiment insolite !
Rue de Cléry et rue Beauregard, 75002

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©cristian bortes

D’autres immeubles étonnent tout autant par leur étroitesse à Paris : c’est le cas de l’immeuble se trouvant à l’angle de la rue des Saules et la rue Francœur, qui, suite à la démolition d’un bâtiment mitoyen, semble tout menu, voire presque tout nu ! Ou encore, de l’immeuble du numéro 14 de la rue Thouin, construit en 1688 contre un rempart médiéval, qui a ensuite été démoli…

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à gauche : immeuble Thouin ©mbzt
à droite : immeuble Francoeur ©Tangopaso

 

Ministère de la Culture et de la Communication

Sa robe découpée aux reflets argentés se remarque de loin et nous laisse curieux : mais que peut-il bien se cacher derrière cet immense entrelacs de motifs s’étendant sur 5000m2 ? Nous vous donnons la réponse : les ministères de la Culture et de la Communication. L’artiste Francis Soler a relevé la mission périlleuse d’unifier deux immeubles totalement disparates, pour en faire un seul et unique îlot. Il s’est inspiré d’une fresque italienne de la Renaissance pour dessiner au laser cette œuvre «légère et envahissante, jamais encombrante» comme il la décrit lui-même ! Gageons que celle-ci plaît aux occupants de l’immeuble car, à l’image des moucharabiehs arabes, elle permet de voir l’extérieur sans être vus !
3, rue de Valois, 75001

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©zoetnet

Le Rocher de Cancale

C’est au 78 rue Montorgueil que l’on peut admirer la plus belle façade de la Néo-Renaissance à Paris : en bois plaqué, elle est ornée de fresques de Paul Gavarni et d’encadrements en bois sculpté style Louis XVI, qui lui donnent une apparence très riche. Si vous vous demandez ce qui se cachait derrière autrefois, il vous suffit d’observer l’angle de la façade : vous y verrez une étonnante sculpture représentant un rocher couvert de moules et d’huîtres ! Deux fruits de mers qui étaient servis dans ce qui était déjà en 1846, un restaurant. Depuis, les deux premiers étages ont été peints en bleu clair et les moulures en doré. De quoi faire ressortir davantage la beauté de l’immeuble !
78, rue Montorgueil, 75002

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©tangopaso

Immeuble Hennebique

L’ingénieur François Hennebique, qui est à l’origine de cet étonnant édifice du 6ème arrondissement, avait de la suite dans les idées : il souhaitait prouver que les immeubles en béton armé pouvaient être aussi chics que les bâtiments haussmanniens et ainsi promouvoir sa méthode de construction ! Pour ce faire, il n’a pas lésiné sur les moulures et les encorbellements, qu’il savait très en vogue à ce moment-là, à la fin du XIXème siècle. De style Art nouveau, cette façade faisait donc office de publicité grandeur nature pour l’ingénieur, comme le prouvent les initiales S.H intégrées dans les céramiques d’Alexandre Bigot, qui signifient « Système Hennebique ». Une démonstration plutôt convaincante, non ?
1 rue Danton, 75006

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©mbzt

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