Tout amoureux de Paris sait à quel point le meilleur moyen de profiter des charmes de la capitale reste de découvrir, à pied, les moindres recoins de celle que l’on appelait autrefois Lutèce. Lors de vos excursions pédestres, vous serez sans doute amenés à emprunter l’un des nombreux ponts que compte Paris. Garigliano, Royal, Austerlitz, autant de monuments à l’architecture particulière… Mais connaissez-vous la raison de telles appellations ?

Pont du Garigliano

En 1966, la ville de Paris inaugure le pont du Garigliano, qui se tient en lieu et place de l’historique viaduc d’Auteuil. Le pont est jugé inadapté à la circulation automobile grandissante dans la capitale, la décision d’un nouveau pont plus moderne est alors prise. Pour le nom, on décide de rendre hommage à la bataille du Garigliano de 1944, marquée par une victoire du Corps expéditionnaire français, et donc des Alliés, sur les forces allemandes. Le pont du Garigliano, réalisé par l’architecte Davy et l’ingénieur Thenault, a été inauguré le 24 avril 1967.

Pont Royal

Lors de votre prochaine balade dans Paris, si vous passez par le jardin des Tuileries ou le musée d’Orsay, impossible ou presque de ne pas emprunter le célèbre et historique Pont Royal. Troisième pont le plus ancien de Paris, sa construction remonte au XVIIe siècle, où il est alors connu sous le nom de “Pont Rouge”, en rapport à sa couleur. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a connu une vie bien mouvementée. Érigé en 1632, il est réparé une première fois en 1649, une seconde fois en 1651, avant d’être incendié en 1654 puis emporté par les eaux en 1656. Reconstruit en 1660, il est une fois de plus victime des eaux en 1684 ! Trop c’est trop, un nouveau pont en pierre est financé en 1689 par Louis XIV, ce qui lui vaudra son nom de Pont Royal. Bien nommé, le pont conduit au disparu palais des Tuileries, qui fut la résidence royale à Paris de souverains tels qu’Henri IV, Louis XIV ou encore Louis Philippe.

Pont d’Austerlitz

C’est un fait : Napoléon Bonaparte a beaucoup œuvré pour la transformation de Paris et la mémoire de l’Empereur des Français reste encore très présente dans la capitale. Ceux qui souhaitent honorer sa mémoire peuvent par exemple se rendre sur le pont d’Austerlitz, qui permet aux passants de relier la Gare de Lyon au Jardin des Plantes. Austerlitz, c’est le nom de cette célèbre bataille remportée le lundi 2 décembre 1805 par les armées napoléoniennes contre les Empires russes et autrichiens.

Pont d’Arcole

Réalisé en 1856 sous la direction de l’ingénieur Alphonse Oudry, le pont d’Arcole présente la particularité d’être le premier pont en fer de l’histoire de la capitale, sans oublier que sa construction a duré moins de trois mois. Pour beaucoup, le nom de ce pont est avant tout une célébration de la victoire d’Arcole remportée par Napoléon Bonaparte sur les Autrichiens en 1796. Mais pour d’autres, “Arcole” est en fait un hommage à un jeune apprenti serrurier, fils d’un ancien sergent, tué au cours de la Révolution de Juillet (1830) lors d’une contre-attaque des insurgés contre l’Hôtel de Ville.

Pont au Change

Reliant l’Île de la Cité à la rive droite, cet ouvrage d’art apparaît surtout comme le prolongement du pont Saint-Michel, qui est un peu son jumeau sur la rive gauche. Une première fois construit au IXe siècle, l’ouvrage que nous connaissons a été réalisé en 1858, sous le règne de Napoléon III, et est le troisième pont situé là. Son nom vient d’un ordre donné par Louis VII en 1141 : à partir de cette date, les courtiers de change ont l’obligation de s’installer sur ce pont pour changer les monnaies. Le pont prendra vite le surnom de pont aux changeurs, puis pont au Change.

Pont au Double

Assurément l’un des ponts les plus étonnants de Paris… et l’un des plus attirants ! Reliant le quai de Montebello et le square Viviani au parvis de Notre-Dame, le pont a été réalisé entre 1881 et 1883 par les ingénieurs Bernard et Lax. Mais pour s’appelle-t-il pont au Double ? Cette énigme nous renvoie au XVIIe siècle, à l’époque où un premier pont en pierre est bâti pour doter l’hôpital Hôtel-Dieu de locaux supplémentaires. Par qu’il s’agit d’un énorme lieu de passage, le Conseil d’Etat décrète la mise en place d’un péage pour toute personne à pied. Pour franchir le pont, il faut donc payer deux deniers ou plus simplement un “double denier”.

Pont du Carrousel

Appelé également Pont des Saints-Pères, car son axe prolongeait la rue du même nom, ou Pont du Louvre, ce pont fut initialement construit en fonte et en bois sous l’ordre de Louis Philippe. 100 ans après son inauguration, le pont est détruit en 1935 pour être remplacé par un pont plus large et plus résistant en béton. Plus moderne donc, mais la tradition n’est heureusement pas laissée de côté… La décision est donc prise de l’appeler “pont du Carrousel”, en hommage à l’arc de Triomphe du Carrousel vers lequel il se dirige. Mais qu’est-ce qu’un carrousel ? Il s’agissait de grandes démonstrations militaires, très en vogue dans la capitale au XVIIIe siècle. Alors que les tournois de chevaliers étaient jugés trop violents, le carrousel le plus célèbre fut celui de 1662 pour célébrer la naissance du Grand Dauphin.

Pont Aval

Inauguré en 1968, il ne s’agit clairement pas du plus beau pont de Paris. En plus, celui-là ne compte pas vraiment puisqu’il s’agit d’un pont entièrement réservé au trafic automobile… Néanmoins, il serait dommage de laisser de côté celui qui est à l’heure actuelle le plus long pont de la capitale (312,5m de long). Plutôt que de lui donner un nom en hommage à un événement historique, il a été décidé que le dernier pont en aval de la Seine à Paris serait appelé… le pont Aval. Simple et efficace, non ?

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