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On vous parlait dans un de nos précédents articles des ateliers de la Villa Vassilieff dans le 15ème où les artistes d’avant-garde aimaient se retrouver dans la première moitié du 20ème siècle. Notre regard se porte aujourd’hui sur une petite impasse tout aussi charmante et prolifique en termes de création : la Villa Seurat. A cette époque, Paris devient très vite le centre névralgique de toute une génération d’artistes et ce, bien au-delà des frontières : Britanniques, Américains, Russes, Allemands, Suisses, Italiens, Espagnols, … tous se donnèrent rendez-vous dans la Ville Lumière pour partager leurs inspirations, et plus particulièrement du côté de Montparnasse.

Ceux que l’on appela bientôt les “Montparnos” ne trouvèrent pas tous de quoi se loger à proximité de leurs bars fétiches (La Coupole, Le Dôme, La Closerie des Lilas, pour ne citer qu’eux). Face à cette crise du logement, l’architecte André Lurçat entreprit, à partir de 1926, de construire et lotir pas moins de huit villas dans les quartiers alentours. La première et la plus emblématique prit ses quartiers au Petit-Montrouge, à deux pas du Parc Montsouris, sur ce qui n’était à l’origine qu’un vaste terrain vague occupé par des hangars et des écuries. Elle fut nommée “Villa Seurat” en hommage au célèbre peintre pointilliste du 19ème, George Seurat.

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C’est donc au 101, rue de la Tombe-Issoire qu’il faut se rendre pour admirer ce véritable musée d’architecture à ciel ouvert. Dans l’allée étroite finissant en impasse, se profilent au coude-à-coude plus d’une vingtaine de maisons-ateliers aux façades avant-gardistes (pour certaines, classées MH), d’une rare homogénéité. Elles furent construites presque sur mesure pour une flopée de peintres, sculpteurs, écrivains qui ambitionnaient d’y poser leurs valises et d’y installer du même coup leur atelier. La quiétude et le charme des lieux en faisaient alors un cadre particulièrement propice à la création. Rien de surprenant donc à ce que les plus grands noms des arts et des lettres aient défilé dans cette cité d’artiste à part entière : Dali, Soutine, Derain, Gromaire, Miller, … S’inscrivant dans la mouvance moderniste, l’architecture des bâtiments est tout ce qu’il y a de plus épurée et dépouillée : les façades ont en effet perdu leurs enduits et leurs moulures d’autrefois pour faire place au béton armé, au ciment, aux briques et aux matériaux bruts en guise d’éléments décoratifs.

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Au n°1, on trouve la maison double de l’écrivain Frank Townshend, faisant l’angle avec la rue de la Tombe-Issoire. Elle est caractéristique par sa façade blanche, sa grande verrière, son toit-terrasse et hublots simples.
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Les ateliers du n°3 et 3 bis des peintres français Gromaire et Goerg sont reconnaissables par leur façade légèrement bombée.
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C’est au n°4 que vécut le frère de l’architecte André Lurçat, le célèbre céramiste et créateur de tapisserie Jean Lurçat qui fut la toute première maison de la villa à être construite. On la distingue par sa forme atypique en L, laissant la place à une petite cour intérieure carrée.
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Le n°7 bis fut bâti dans un style bien différent des autres pour la sculptrice russe Chana Orloff par l’architecte Auguste Perret (il s’agit de son unique réalisation dans la villa Seurat). Inscrite comme MH, cette maison-atelier se caractérise par sa façade haute colorée et sa vaste verrière surmontée d’un motif de briques saillantes en “pointe de diamant”. Elle se visite sur rendez-vous.
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Au n°8, on peut admirer la maison de mademoiselle Quillé, présentant de simples volumes géométriques, soulignés par des fenêtres d’angle. Le récent enduit ocre jaune rappelle le sud de la France et l’éloigne ainsi du rendu d’origine.
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Le romancier et essayiste américain Henry Miller, contemporain de Fitzgerald et Hemingway, séjourna au n°18 de la Villa Serrat, dans cette maison de briques rouges, et y écrivit son célèbre “Tropique du Cancer”. Il fut rejoint par Lawrence Durell, Anais Nin, Soutine, Mario Prassinos, Antonin Artaud ou encore Alberto Magnelli. © parisladouce.com

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