Portrait de Parisienne : Brigitte Bardot

Tous les français connaissent sa chevelure blonde, sa silhouette féline, ses rôles au cinéma et son engagement envers les animaux. Figure de la Marianne et symbole de la France, Brigitte Bardot demeure l’intemporelle Parisienne.

Une enfance stricte

Lorsque l’on pense à la sulfureuse BB, difficile de s’imaginer qu’elle a grandi dans une famille bourgeoise et stricte du XVIème arrondissement de Paris. Son père, Louis Bardot, est un puissant industriel et sa mère, Anne-Marie, est une riche héritière. Brigitte, qui voit le jour le 28 septembre 1934, est leur première enfant. Quelques années plus tard, la famille s’agrandit d’une seconde fille, Marie-Jeanne, surnommée Mijanou.

Durant son enfance, Brigitte connait une éducation stricte. Elle vouvoie ses parents qui se désespèrent de leur aînée qu’ils jugent disgracieuse, dissipée et peu douée pour les études. Il est vrai que Brigitte se désintéresse de l’école : sa grande passion, c’est la danse. Dès ses sept ans, elle se montre une ballerine douée et elle rentre à quinze ans au Conservatoire de Paris. De ses années d’intenses entraînements, elle conservera toute sa vie un port de reine et une démarche altière.

Brigitte Bardot en 1952 – @jose430hernandez

Grâce à une relation de sa mère, elle fait la couverture du magazine Elle alors qu’elle est encore adolescente. L’assistant du réalisateur Marc Allégret, Roger Vadim, tombe sur cette couverture et repère immédiatement le potentiel de la jeune fille : il veut lui faire passer l’audition pour le prochain film d’Allégret. D’abord réticents, ses parents finissent par l’autoriser à tenter sa chance.

Le film de Marc Allégret ne se fera finalement pas, mais Brigitte tombe follement amoureuse de Vadim. Ses parents s’opposent formellement à une quelconque relation avec cet homme sans avenir. Devant ce refus, Brigitte est désespérée et tente de mettre fin à ses jours. Elle est sauvée et ses parents consentent au mariage, qui aura lieu deux ans plus tard, peu après ses 18 ans.

 

Les débuts au cinéma 

La machine est lancée pour Brigitte : elle tourne son premier film en 1952, Le Trou Normand, avec Bourvil. Même si elle garde de ce tournage un mauvais souvenir, elle continue le cinéma. Entre la France et l’Italie, elle enchaîne les petits rôles.

Au fur et à mesure du temps, l’adolescente un peu gauche se métamorphose en superbe jeune femme : élancée, gracieuse, à l’opulente chevelure blonde et au regard de braise, elle attire tous les regards. En 1953, elle fait sensation au Festival de Cannes.

Brigitte Bardot au Festival de Cannes 1953 – @isarahspears

Vadim a de grands projets pour son épouse. Il lui prépare dans son prochain film un rôle sur mesure. Elle y joue une jeune femme libre, qui suit ses désirs et se moque de la morale. Ce film, aujourd’hui devenu un classique, est Et Dieu…créa la femme. Provocant, révolutionnaire, sensuel, il est à l’image de sa vedette. La critique se déchaîne contre Brigitte tandis que beaucoup voit en elle la figure de l’émancipation féminine. A l’internationale, il est un franc succès et elle devient une véritable star. Elle signe en 1958 un contrat qui fera d’elle l’actrice la mieux payée de France.

Brigitte Bardot et Jean-Louis Trintignant dans Et Dieu…créa la femme (1956) – @brigittebardotbb

Mais le cœur de Brigitte s’enflamme pour l’acteur à qui elle a donné la réplique dans Et Dieu…créa la femme, Jean-Louis Trintignant. Cette relation entraînera son divorce avec Vadim. Elle vit avec lui une relation apaisée et tranquille. Sur le tournage, elle découvre également la ville de Saint-Tropez dont elle tombe sous le charme. Elle y achètera une propriété, La Madrague, où elle vit encore aujourd’hui.

 

Gloire et vie mouvementée

Une Parisienne, En cas de malheur, Babette s’en va-t-en guerre…entre 1957 et 1959, elle enchaîne les films à succès où elle tourne avec les plus grands acteurs, comme Jean Gabin dans En cas de malheur. Durant cette période, elle a une brève relation avec Gilbert Bécaud alors que Jean-Louis Tringignant effectue son service militaire. Cette tromperie brise le cœur de Trintignant qui rompt aussitôt. En 1959, elle rencontre un jeune acteur, Jacques Charrier dans le film Babette s’en va-t-en guerre.

Brigitte Bardot et Jacques Charrier à Saint-Tropez (1959) -@gentlesleague

Avec le succès vient des inconvénients : Brigitte est harcelée par les paparazzis et les foules. Elle peut parfois passer des jours entiers enfermée. Sa vie ne s’arrange pas lorsqu’elle tombe enceinte d’une grossesse non-désirée. Mais, face à la pression de sa famille et de Jacques Charrier, elle consent à garder l’enfant et à épouser Jacques. Mais elle vit sa grossesse et son accouchement comme un cauchemar. Son fils, Nicolas, voit le jour en janvier 1960.

Peu de temps après, le réalisateur Henri-Georges Clouzot la contacte pour lui accorder le rôle principal de son prochain film, La Vérité. Le tournage est éprouvant en raison de l’attitude de Clouzot : il n’hésite pas à adopter un comportement abject avec elle pour lui arracher les larmes nécessaires à son rôle. Pire, il la drogue pour rendre plus réaliste une scène de suicide. Malgré tout, Brigitte (et le public) considère sa performance comme l’une des meilleures de sa carrière.

Brigitte Bardot dans La Vérité (1960)

Si sa carrière est au beau fixe, il n’en est pas de même pour sa vie personnelle : Jacques Charrier s’avère être un mari contrôlant et violent. Mariée et mère plus par convenance que par envie, Brigitte laisse de nouveau s’exprimer son cœur et quitte Jacques pour son partenaire dans La Vérité, Samy Frey. Les deux amants s’entraînent l’un et l’autre dans leur dépression mutuelle et Brigitte, le jour de ses 26 ans, fait une nouvelle tentative de suicide qui la laissera deux jours inconsciente.

Les années suivantes sont marquées par les tournages de films qui furent de francs succès, notamment Le Mépris de Jean-Luc Godard (1963), Viva Maria! de Louis Malle (1965). En 1966, elle se marie pour la troisième fois avec le playboy Gunter Sachs.

Brigitte Bardot dans Le Mépris (1965) – @brigittebardotbb

Parenthèse de chanteuse et fin de carrière

Brigitte a toujours adoré chanter. Aussi, lorsqu’elle reçoit l’appel d’un compositeur et parolier à succès, elle accepte immédiatement. Cet homme réservé au téléphone n’est nul autre que Serge Gainsbourg. Lors de leur première rencontre, les deux artistes sont intimidés l’un par l’autre. Serge demande alors à Brigitte si elle a du champagne. Elle confirme et, le champagne aidant, l’atmosphère se détend. Le lendemain, Gainsbourg fait livrer une caisse de Dom Pérignon chez Brigitte Bardot pour la suite des répétitions.

Brigitte Bardot et Serge Gainsbourg (1967) – @brigittebardotbb

La jeune femme succombe au charme de Gainsbourg, fascinée par son talent et sa personnalité. Durant trois mois d’intense passion, ils enregistrent ensemble des chansons iconiques comme Harley-Davidson, Comic Strip ou Bonnie and Clyde. Un soir, elle lui demande de lui écrire la plus belle chanson d’amour. Après une nuit de travail, Gainsbourg lui présentera Je t’aime…moi non plus. La chanson, sulfureuse, ne sera jamais diffusée, sous la pression de Gunter Sachs. Brigitte doit quitter Serge pour partir tourner un film en Espagne, dans la ville d’Almeria. Les plus attentifs auront remarqué la mention de cette ville dans la chanson Initials B.B, que Gainsbourg lui dédiera comme un adieu.

Brigitte Bardot dans le clip de Harley Davidson (1967)- @buco_europe

Après cet évènement, Brigitte tourne dans quelques autres films comme L’Ours et la Poupée ou Les Pétroleuses. En 1969, elle est choisie comme modèle pour le buste de Marianne. Malgré cette consécration, ses films suivants sont des échecs. Elle refuse énormément de scénarios qui deviendront de grands succès (comme Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy) ce que peu de gens comprennent. Elle manifeste de plus en plus le désir de mettre fin à sa carrière d’actrice.

C’est finalement ce qu’elle fait en 1973, à la fin de son dernier film, L’Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot trousse-chemise. Elle déclarera : « J’ai donné ma jeunesse et ma beauté aux hommes et maintenant je donne ma sagesse et mon expérience aux animaux. » Dès lors, elle refuse qu’on lui parle de cinéma dans ses interviews.

 

Engagement pour la cause animale et controverses

Dès les années 1960, Brigitte Bardot s’engage pour la cause des animaux. Elle devient pescétarienne après avoir vu des photos d’animaux tués dans les abattoirs. Elle profite de sa notoriété pour s’exprimer à ce sujet à de nombreuses reprises. Dans les années 1970, elle devient porte-parole de la SPA et lutte activement contre la chasse aux phoques. Elle se rend même au Canada afin de militer sur place. Exceptionnellement, elle enregistre deux chansons pour soutenir cette cause. Ses actions aboutiront souvent, comme en 1977 où l’importation des peaux de phoques devient interdite en France. Cela entraînera une énorme diminution de la chasse des bébés phoques.

Brigitte Bardot sur la banquise de Terre-Neuve (1977)

En 1986, elle créée sa propre fondation pour lutter contre les maltraitances animales : la Fondation Brigitte-Bardot. Pour elle, elle met aux enchères ses effets personnels : bijoux, robes, photos…Elle ira même jusqu’à faire don de sa chère Madrague à sa fondation. Elle crée également un refuge dans l’Eure pour les animaux que sa fondation sauve chaque année. Elle écrit par la suite de nombreux livres où elle raconte son combat sans fin en faveur des bêtes. Encore aujourd’hui, elle continue cette lutte avec passion et abnégation.

Pourtant, ses opinions ont souvent été décriées, notamment celles sur l’immigration, l’homosexualité et le féminisme. Condamnée à plusieurs reprises pour incitations à la haine raciale et affichant son soutien pour des candidats d’extrême droite, elle demeure une figure de la France conservatrice.

 

Virginie Paillard 

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Photo à la une : Brigitte Bardot dans Le Mépris – Instagram @the_vintage_cool

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