Entre l’écrivain de génie Romain Gary et la séduisante actrice Jean Seberg, une relation passionnelle s’est dévoilée à la face du monde. Retraçons l’histoire d’amour hors du commun de ce couple iconique qui aura durablement marqué l’époque des sixties

Une relation tumultueuse…

En 1959, dans les salons feutrés du Consulat de France à Los Angeles, l’écrivain Romain Gary fait la connaissance de Jean Seberg. Gary est un aventurier, écrivain et diplomate de 45 ans, auréolé d’un prix Goncourt, en 1956, pour Les Racines du ciel. Elle, est une actrice américaine de 23 ans, mondialement reconnue pour son rôle de Jeanne D’Arc, dans Sainte-Jeanne en 1957 et future égérie des Sixties avec le film A bout de Souffle, réalisé par Jean-Luc Godard.

Après quelques mois de relation à l’abri des regards, Gary et Seberg divorcent chacun de leur époux ou épouse respectif et officialisent leur nouvelle relation. C’est le début d’une longue histoire d’amour qui aura marqué les années 60 en Europe et aux USA.

Les deux tourtereaux s’installent à Paris, rue du Bac dans le VIIe arrondissement. Mais très vite le tempérament ombrageux et lunaire de Romain Gary déteint sur le couple. Outre une différence d’âge, jugée scandaleuse pour l’époque, le couple Gary-Seberg interpelle par son caractère hétéroclite. Surtout, Romain Gary supporte très mal que Jean Seberg tourne avec les plus grands acteurs américains (Clint Eastwood…) et développera bientôt une jalousie dévorante. Gary dit aussi regretter de sacrifier trop de temps pour sa relation au détriment de son activité littéraire. Personnalité touche à tout, Romain Gary se lance également dans le cinéma et y projette ses fantasmes, ses douleurs : c’est ainsi qu’il réalisa le film Les oiseaux morts au Pérou, dans lequel il fit jouer Jean Seberg. Le film est détruit par la critique pour ses relents pornographiques et l’image particulièrement négative donnée au personnage jouée par Seberg.

Jean Seberg et jean-Paul Belmondo lors d’un tournage

…séparée par leurs différences

Dans les années 1960, Jean Seberg s’engage dans la lutte contre le racisme anti-noir et apporte son soutien explicite au mouvement des Black Panthers. Exposée aux controverses de la presse pour ses engagements, sujette à une enquête menée par le FBI pour complicité avec un groupe terroriste, Jean Seberg est sous le feu des critiques.

Dans le même temps, sa relation avec Romain Gary continue de battre de l’aile. Ce dernier se morfond dans l’alcool, trompe Jean Seberg et exprime un mal-être de plus en plus comparable à une tendance suicidaire. Il accuse Jean Seberg de nouer une relation adultère avec un activiste noir des Black Panthers. Ce dernier aurait d’ailleurs profité de l’argent et de la naïveté de Seberg… En 1970, le divorce de Jean Seberg et de Romain Gary est finalement prononcé.

Vers une fin tragique

Ces années 1970 sont le début d’un cercle infernal pour Jean Seberg. Après avoir perdu une fille couche, l’actrice sombre dans une profonde dépression. C’est dans ce moment de crise que revient Romain Gary pour la sauver en lui proposant de renouer avec le cinéma et de tourner dans son nouveau film Kill. Si le film se solde à nouveau par un échec, Jean Seberg dira, à propos de ce choix de Gary : « Romain mon amour, quand tu as réalisé ce film c’était en partie dans le but de sauver ma vie ».

Malgré une relation à nouveau apaisée entre les deux artistes, Jean Seberg est retrouvée morte dans sa voiture n en 1979. L’autopsie révèle une grande quantité d’alcool et de médicaments : elle se serait suicidée. Un peu plus tard, c’est au tour de Romain Gary de mettre fin à ses jours, en se tirant une balle dans la tête.

Une fin tragique pour deux grandes personnalités à la sensibilité exacerbée…

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