
Ce site touristique est le plus important lac artificiel de France, ce qui explique pourquoi on le nomme souvent “petite mer” ou “mer intérieure”. S’il fait l’objet d’une étroite surveillance sanitaire par l’Agence régionale de santé (ARS), c’est avant tout parce que ce spot apprécié des baigneurs et des randonneurs a été imaginé pour une mission de la plus haute importance…
Un chantier colossal pour imaginer ce lac artificiel
En effet, c’est pour protéger Paris des caprices saisonniers de la Seine que fut créé en 1938 le réservoir de Champaubert, puis, en 1974, ce lac artificiel sur un site spécialement choisi pour son imperméable couche d’argile. Pendant six ans, il a ainsi fallu charrier des millions de m3 d’argile, de rochers et de béton. Autres preuves de ce chantier titanesque : pas moins de 14 ponts, 25 km de route et 24 km de digues ont également été construits. Quant aux villages de Nuisement, Champaubert et Chantecoq, sans oublier une partie de la forêt du Der, ils sont engloutis par nécessité tandis que certains bâtiments de ces villages sont reconstruits sur le site du Musée du Pays du Der. Finalement, seule l’église de Champaubert, encore debout, rappelle que le lac ne fut pas toujours l’hôte principale de ce lieu. En 1974, après 10 ans de travaux gigantesques, le lac artificiel naît enfin en plein cœur de la Champagne. Indispensable pour écrêter les crues et nourrir les cours d’eau en période d’étiage, cette mer intérieure est aussi la garantie de paysages à couper le souffle. 4800 hectares d’eau, 80 km de rives, 5000 hectares de forêts, 300 km de sentiers ou encore 250 km de circuits balisés pour le VTT, ce pays de bocage est le lieu de toutes les randonnées et bien plus encore. Attirant chaque année plus de 1 200 000 touristes, ce lac n’est ni plus ni moins que la deuxième destination touristique de Champagne-Ardenne après Reims. Vous l’aurez sans doute deviné : il s’agit du Lac du Der, le plus grand lac artificiel de France métropolitaine, en superficie mais pas en volume.
Un lac qu’on nomme “petite mer”
Avec deux ports de plaisance, Nuisement et Nemours, une station nautique à Giffaumont, six plages surveillées, une zone d’évolution de 650 hectares pour le motonautisme et le ski nautique, des possibilités de pêche à partir des berges ou en barque, rien d’étonnant à ce que le lac du Der soit le temple des plaisirs de l’eau. Mais également un véritable royaume du vent puisque c’est également là que se réunissent les accrocs de voile, voiliers, planches et, dans les airs, parapentes et ULM. Enfin, avec ses 250 km de sentiers balisés, le Lac du Der est le paradis des marcheurs, et aussi celui des deux-roues avec les 100 km de voies vertes aménagés. Mais si l’on vient en masse au lac du Der, c’est aussi parce qu’il s’agit d’un site ornithologique rare en Europe où près de 310 espèces d’oiseaux, dont certaines menacées, peuvent être observées en toute saison. Dès le printemps, c’est toute une flore et une faune aviaire à admirer autour des observatoires implantés autour du Lac qui se dévoilent, à l’image de l’un des seuls couples de pygargues à queue blanche de France. Dès l’automne, ce sont les oiseaux migrateurs qui font l’admiration des curieux, avec l’arrivée par dizaine voire centaines de milliers de grues cendrées, oiseau emblématique du Lac du Der. Un sentier de découverte et plusieurs observatoires permettent d’admirer les oiseaux aux abords des zones de quiétude de Chantecoq, Champaubert et des étangs d’Outines et d’Arrigny.
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Une étape immanquable dans une région chargée en histoire
Situé entre Colombey-les-Deux-Églises et Verdun, il n’est pas exagéré de dire que le lac du Der est au cœur de l’histoire. Un parcours enrichissant de plusieurs siècles qui commence au village-musée du Der, où l’on peut apprendre l’intéressante histoire des 3 villages disparus et du sauvetage de l’église de Nuisement-aux-Bois. De la classe d’école, à l’église de Champaubert-aux-Bois, en passant par la maquette de village, tout y est pour faire voyager dans le temps les curieux, avant que tout ne disparaisse à la mise en eau du lac. Puisqu’il est question d’église, il convient de rappeler que rares sont les églises à pans de bois et que le seul ensemble en France, daté des XVIe et XVIIe siècles, se trouve au Der. Dans la région des grands lacs de Champagne, se rencontre un groupement d’édifices religieux unique en France (dix églises et une chapelle édifiées entièrement en pans de bois) que l’on peut admirer en suivant la fameuse Route des églises à pans de bois. L’occasion d’immortaliser ces ouvrages historiques en empruntant des routes de campagne jalonnées d’étangs et de lacs, de forêts et de prairies. Toujours dans les environs, une impressionnante collection d’objets de 1870 à la guerre d’Indochine repose à l’historial de Saint-Dizier. Une mise en bouche parfaite avant de découvrir Saint-Dizier, ville dynamique qui trouve ses origines il y a près de 2000 ans comme l’atteste le trésor Mérovingien découvert lors des récentes fouilles archéologiques.
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Lac du Der – Bureau d’information
1 bis rue de la Cachotte
51290 Giffaumont – Champaubert
Du mardi au dimanche 10h-12h et 14h-18h
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Image à la une : Lac du Der © Adobe Stock
