
À cheval entre la Marne et la Haute-Marne, dans le Grand Est, le lac du Der-Chantecoq figure parmi les plus grands lacs artificiels d’Europe et offre aux vacanciers, amateurs de sports nautiques, randonneurs et baigneurs 4 800 hectares de paysages exceptionnels. L’été, plages de sable fins, kayaks, pédalos et aménagements nautiques sont au rendez-vous. À seulement 2h30 de Paris, c’est à la fois un coin idéal pour se rafraîchir en été… et un lieu unique, né d’une histoire peu banale (qui implique Paris !).
Derrière ce joli lac, l’histoire des villages engloutis

Aujourd’hui, une église isolée, perchée au bord de l’eau, rappelle l’histoire tourmentée du lac du Der-Chantecoq. C’est l’église de Champaubert, unique vestige visible d’un village englouti. Car ce lac artificiel est né d’un sacrifice : celui de trois villages, Nuisement, Champaubert et Chantecoq, rayés de la carte lors de la création du lac en 1974. L’histoire de sa conception est étroitement liée à celle de la capitale. À l’origine, il ne s’agissait pas d’un projet touristique, mais d’une réponse aux grandes inondations de Paris au début du XXe siècle, dont une particulièrement dévastatrice en 1910, qui a marqué les esprits. Après de lourds dégâts, la décision est prise : il faut réguler le débit de la Marne qui alimente la Seine. Le projet de construire de grands réservoirs voit le jour, mais est ralenti par les deux guerres mondiales. Ce n’est que dans les années 1950 que les travaux s’accélèrent, jusqu’à l’inauguration du lac-réservoir du Der en 1974, après dix ans de travaux titanesques. Mais cette inauguration cache aussi la triste histoire des habitants des villages menacés, relogés entre 1964 et 1967 dans des villages alentours et laissant leurs souvenirs derrière eux. Aujourd’hui, la mémoire de ces trois villages subsiste notamment à travers le village-musée du Der, où l’on découvre maquettes et témoignages d’époque.
Un air de mer en Champagne

Désormais, le lac a tourné la page de ce passé pour laisser place à un toute autre paysage : plages de sable fin investies par des jeux de ballons, rires d’enfants, serviettes étendues au soleil… Il est devenu une destination incontournable pour l’été. Avec ses 4 800 hectares d’eau et ses 77 km de rives, le lac du Der-Chantecoq est l’un des plus vastes lacs artificiels d’Europe. L’été, il devient le paradis des vacanciers, concentrant tout ce qu’il faut pour mériter son surnom de “mer en Champagne”. Car là-bas, on est vraiment comme à la mer : on y trouve six plages aménagées, et une infinité d’activités nautiques. Jet-ski, catamaran, flyboard, planche à voile, ski nautique, parapente offrent de belles sensations tandis que pédalos, paddle, kayak, ou balades en bateaux électriques sont disponibles pour ceux qui veulent simplement faire des balades paisibles au fil de l’eau.
Pédaler et marcher dans un havre de nature préservée

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Au-delà de ses plages, le lac du Der est aussi un véritable écrin de nature qui offre aux promeneurs des paysages d’une tranquillité rare. Un itinéraire idéal nous fait faire le tour du lac sur une boucle de 36 km, quasiment plate et parfaite à pied, à vélo, à cheval ou même en Rosalie. On peut aussi s’enfoncer dans la fraîcheur de ses 500 hectares de forêts de chênes bicentenaires, sur des pistes cyclables ou des sentiers balisés pensés pour les randonneurs. D’ailleurs, étymologiquement, le terme “Der” vient du mot celte qui signifie chêne ! Et de mi-octobre à mi-mars, les curieux peuvent profiter du magnifique spectacle offert par les grues cendrées qui viennent hiverner sur le lac -à chaque saison ses atouts !
Que faire autour du lac ?
Les alentours du lac valent aussi le détour, et la région propose quelques autres escapades intéressantes. L’une d’elles est la route des églises à pans de bois de Champagne. Dans de charmants villages et en sillonnant des routes de campagnes ponctuées d’étangs, de forêts et de praires, on y découvre 10 églises et une chapelle qui datent du XVe et XVIIe, édifiées entièrement en pan de bois. Il n’y a qu’ici qu’on en trouve encore en France ! Autre itinéraire : la route de la fonte d’art, au départ de Saint-Dizier, pour les amateurs de patrimoine industriel. Tout près du lac, on peut aussi embarquer toute la famille à bord du petit train, qui en fait le tour sur fond de commentaires sur l’histoire et la nature du lieu; ou encore passer l’après-midi à la ferme pédagogique !
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© Lac du Der – On met les voiles
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