Grande portraitiste de la seconde moitié du XIXe siècle, Berthe Morisot est la principale figure féminine de l’impressionnisme. Elève de Corot et modèle pour Manet, elle fréquente tous les grands noms du mouvement et exprime sa sensibilité artistique particulière, notamment à travers les portraits de sa fille Julie.

Une peintre talentueuse et obstinée

Née à Bourges en 1841, Berthe suit sa famille à Paris au cours de son enfance et s’initie à l’art en copiant les oeuvres du musée du Louvre. Très vite, la jeune femme est attirée par la tendance du moment : la peinture sur le motif. Comme l’école des Beaux-arts était réservée aux hommes jusqu’en 1897, Berthe passe de professeur en professeur en ayant un seul objectif en tête : devenir peintre et vivre de cette passion. Au cours de ses années d’apprentissage, elle fait la connaissance de Corot, qui lui fera découvrir l’école de Barbizon et influencera fortement son travail. Grâce à sa famille bourgeoise cultivée, elle est aussi au contact de grands artistes et écrivains comme Baudelaire ou Zola qui lui apportent tout leur soutien. En 1874, Berthe fonde la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs aux côtés de Monet, Renoir, Pissarro et Degas, une association qui permet aux artistes impressionnistes d’exposer sans passer par le salon officiel. La première exposition du groupe a lieu en avril de la même année, et Berthe Morisot y présente plusieurs tableaux dont Cache-cache. Seule femme de l’exposition, elle se voit reprocher un manque de “grâce féminine” par la critique de l’époque qui lui prête un “esprit en délire”. Un peintre ne cessera toutefois de croire en son talent : Manet. La jeune femme sera d’ailleurs l’un de ses modèles favoris comme pour le tableau Sur le balcon en 1868, et deviendra aussi sa belle-soeur lorsqu’elle épouse son frère Eugène.

La lumière et les couleurs sont au centre des oeuvres de Berthe Morisot qui s’attache à capter des moments de vie en peignant ses proches, et notamment sa fille Julie. Fidèle à l’impressionnisme, sa touche est spontanée et légère et l’instantanéité et la fugacité d’un instant comptent plus pour elle que les détails. Mère aimante, elle abandonne rapidement la peinture de paysages pour se concentrer sur l’art du portrait et traiter des thèmes comme l’enfance et la maternité. Au coeur de ses oeuvres, le rose, le vert pâle et la lumière dorée chantent avec une harmonie inexprimable.

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Berthe Morisot, Jour d’été, 1879 
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Berthe Morisot, la lecture, 1888
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Berthe Morisot, Eugène Manet et sa fille Julie, 1888
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Berthe Morisot, Après le déjeuner, 1881

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