
Dans le Paris médiéval, l’immense enclos Saint-Lazare abritait autrefois une léproserie, transformée après la Révolution en prison pour femmes. Au XIXe siècle, une chapelle y a aussi été construite pour que les détenues puissent s’y recueillir. Désormais désacralisée, elle fait l’objet d’importants travaux pour devenir un nouveau lieu citoyen du 10e arrondissement en 2027. Mais avant cela, une programmation culturelle vous y attend dès cet été !
Une ancienne prison pour femmes
En plein cœur du square Alban-Satragne (10e), dans le 10e arrondissement, une petite chapelle passe presque inaperçue. À l’abandon depuis plusieurs années, elle a été construite à côté de l’enclos Saint-Lazare, une léproserie médiévale qui regroupait les malades, les missionnaires, mais aussi un moulin, une ferme et une foire ! Sa vocation se transforme régulièrement au fil des siècles, devenant tantôt une prison pour fils de famille, pour les opposants sous la Révolution, avant de devenir un important hôpital-prison pour femmes au XIXe siècle.

À cette période, Saint-Lazare enferme des milliers de détenues, dont des opposantes politiques, des prostituées ou des espionnes. Dans ses cellules sont notamment passées Louise Michel, Germaine Berton, Mata Hari ou Marthe Hanau… Ainsi, pour qu’elles puissent se recueillir, la chapelle Saint-Lazare a été édifiée en 1834 par Louis-Pierre Baltard, le père du célèbre Victor Baltard, avant d’être transformée par l’architecte de la Ville de Paris Gaston Lefol au cours du XXe siècle. Mais si la chapelle a longtemps été fréquentée, sa désacralisation la fait peu à peu tomber dans l’oubli dès les années 1960.
Un nouveau lieu solidaire en 2027
Fermée au public depuis une vingtaine d’années, la chapelle Saint-Lazare reste un lieu vacant, bien qu’elle soit désacralisée. Alors que l’ancienne prison est finalement transformée en médiathèque Françoise-Sagan dès 2015, le petit édifice doit attendre l’année 2021 pour connaître un important chantier de restauration, financé dans le cadre du Budget participatif. Il s’intègrera ensuite dans un ensemble d’édifices comprenant déjà un centre social, une école, une crèche et un gymnase.

Les travaux visent ainsi à préserver le dernier vestige de l’enclos Saint-Lazare pour en faire un « lieu citoyen, inclusif et gratuit » selon la Ville de Paris. Porté par une dizaine d’associations et de collectifs du 10e arrondissement de Paris, le projet annonce réhabiliter l’édifice et le square pour créer un nouveau lieu de vie solidaire regroupant la culture, la démocratie locale, l’égalité des genres, la jeunesse et le sport. Pour en savoir plus, il faudra attendre son ouverture… prévue en 2027.
Des rendez-vous culturels dès cet été
En attendant l’ouverture de la chapelle Saint-Lazare l’année prochaine, un collectif profite d’une pause estivale dans le chantier pour s’emparer de ses lieux dans le cadre du festival Paris en Seine. En effet, durant l’été 2026, la gestion du site a été confiée par la Mairie du 10e à la coopérative Plateau Urbain (qui fait déjà vivre plusieurs lieux éphémères dans la capitale, comme Censure, Pixel, La Roche, Elmer, etc).

Pour les mois de juillet et de septembre 2026, la programmation proposera de nombreuses activités gratuites, dont des concerts, des expositions, des ateliers, des débats, des séances de sport ou des ateliers créatifs pour tous les publics. En juillet, on célèbrera les jardins, et en septembre, le patrimoine, la littérature et la poésie. L’occasion de faire une première visite de ce lieu et de découvrir ses futurs projets. Si vous voulez tout savoir de ces festivités, rendez-vous sur le site de Plateau urbain !
Chapelle Saint-Lazare
Rue Léon Schwartzenberg, 75010 Paris
Ouverture en 2027
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Image à la une : © Ami Robert / Ville de Paris