
Paris est la ville de tous les possibles, mais alors, qui ont été ses visiteurs les plus improbables ? Voici notre top 4 incongru, parce qu’entre un homard bleu, Dalí, Michael Jackson ou encore le roi du Cambodge, vous ne saurez plus ou mettre de la tête, mais vous aurez de quoi raconter à votre prochain dîner !
1-Le roi du Cambodge débarque à Paris
Nous sommes en 1906, le roi Sisowath Ier du Cambodge décide de voyager en France. À cette époque, le Cambodge est sous protectorat français : cette visite officielle intervient donc en plein contexte colonial. Sisowath Ier voyage avec une importante suite comprenant les danseuses du Ballet royal du Cambodge. Une source contemporaine évoque plus d’une centaine de Cambodgiens présents à Paris. À cette occasion, le ballet donne une représentation exceptionnelle. C’est là que l’histoire nous a clairement fait penser à ce que l’on nomme « le multivers », parce que dans le public de ce spectacle mythique, il y avait le sculpteur Auguste Rodin ! Celui dont, aujourd’hui, le musée Rodin retrace son œuvre, prend une véritable claque artistique. Fasciné par les mouvements des danseuses, il commence immédiatement à les dessiner. Lorsqu’elles quittent Paris, il est tellement captivé qu’il abandonne tout pour les suivre jusqu’à Marseille, sans même avoir emporté son matériel ! Auguste Rodin réalise alors 150 dessins en une semaine. Vous pouvez encore découvrir le portrait du roi Sisowath réalisé par Rodin au cœur du musée éponyme, ainsi que de nombreux dessins des danseuses !

2-Salvador Dalí et son fourmilier à Paris
Salvador Dalí était un homme exubérant, à n’en pas douter. C’est en 1969 qu’une photographie fera la Une de Paris Match. Tout commence avec le second personnage principal de cette anecdote : Patrice Habans (1937-2022). Cet homme était une grande figure du photojournalisme français. Il a d’ailleurs immortalisé de grands moments de l’actualité politique que nous connaissons tous, comme le fameux poing levé des sprinters noirs américains aux J.O de 1968. Figurez-vous qu’à l’époque, Dalí entretenait une relation très forte avec les médias. Pour lui, ils étaient un formidable outil de communication de masse : il était en avance sur son temps, nous sommes certains qu’il aurait adoré les réseaux sociaux.

Aussi, le célèbre Patrice Habans n’a pas été choisi au hasard ! Cela n’a pas été la seule et unique fois que Patrice aura photographié l’artiste excentrique. Pour ce moment, c’était d’ailleurs une mise en scène, même si la photographie suggère qu’elle aurait été prise sur le vif. Cette promenade avec le fourmilier est un clin d’œil surréaliste puisqu’il s’agissait du symbole totem d’André Breton. L’animal n’était pas à Dalí. Il a été emprunté à un zoo de la région pour l’occasion. Un acte qui appartient précisément à son époque, on s’entend. La légende originale qui accompagnait cette photo improbable résumait parfaitement la complicité entre l’œil du photographe et la folie de l’artiste : « Salvador Dalí émergeant du sous-sol de l’inconscient tenant en laisse un romantique tamanoir géant ».
3-Gérard de Nerval et son homard parisien
Entre les écrivains et les artistes, il n’y a qu’un pas ! L’écrivain Gérard de Nerval est réputé pour avoir promené un homard vivant attaché par un ruban bleu dans les jardins du Palais-Royal. C’est pour cela que le homard, selon la légende urbaine, est devenu « bleu ». Mais alors, pourquoi un homard ? Il semblerait que le homard : « serait paisible, sérieux et surtout ne connaîtrait pas les secrets de son maître ». À méditer, donc, même si on a une préférence pour le tamanoir géant.
Pour cette anecdote, la vérité est très difficile à établir, même les sources biographiques sont prudentes, mais elle méritait d’être dans le top. Désormais, une scène pareille ne nous étonnerait pas si elle se passerait à Châtelet-les-Halles. En tout cas, la dernière visite improbable est totalement vraie, et absolument folle.
4-Michael Jackson à la Fnac
L’histoire se passe en 1996 et a été racontée par la productrice française de Michael Jackson, Jackie Lombard. On retrouve cette anecdote dans le podcast Sold Out. Tout a commencé par une demande extrêmement précise et inattendue : alors qu’ils se trouvaient en visite au Musée d’Orsay, le Roi de la Pop a demandé à Jackie s’il existait un endroit à Paris où il pourrait acheter des films en langue arabe. Le « pourquoi », on ne le saura jamais.
Naturellement, Jackie a expliqué à Michael Jackson qu’il existait un magasin nommé « Fnac » où l’on pouvait « tout trouver ». La légende a alors immédiatement insisté pour s’y rendre, mais sa productrice l’a averti : ils n’allaient pas pouvoir privatiser le magasin. Le Roi de la Pop a alors exprimé son souhait de vivre ce moment « comme monsieur tout le monde ». Habituellement, il était entouré d’une cinquantaine de gardes du corps. C’est ainsi qu’il s’est rendu incognito à la Fnac des Ternes dans le 17e. Personne n’a été prévenu à l’avance !
L’idée même que Michael Jackson déambule dans les allées de la Fnac sonne comme une blague, que ce soit en 2026, ou en 1996. Alors n’y a même pas eu d’attroupement, et il n’existe pas de photo officielle ! Quelques bruits de couloirs racontent que les gens qui ont surpris la légende et ont cru qu’il s’agissait d’un sosie ou d’une caméra cachée, puisqu’il n’y avait aucun garde du corps à l’horizon. Mission réussie pour Michael, qui a adoré faire son shopping « comme tout le monde ». D’ailleurs, pour remercier chaleureusement Jackie Lombard de lui avoir offert ce moment de liberté, il lui a fait livrer un magnifique bouquet de fleurs le lendemain !

Photo à la une : Panoramas de Paris sous le soleil en bord de Seine © Adobestock andreykr