Les plus grands cambriolages de musées dans le monde

Musée du Louvre, Paris

Coup de théâtre au Louvre : ce dimanche 19 octobre, un braquage spectaculaire a vidé la galerie d’Apollon de huit trésors de l’histoire de France. Mais le vol d’œuvres d’art n’a rien d’un fait isolé : depuis plus d’un siècle, les musées sont le théâtre de cambriolages dignes des plus grands films hollywoodiens. Retour sur les plus incroyables d’entre eux.

1. Le cambriolage le plus récent

Un mois avant le rocambolesque braquage du Louvre, c’est le Muséum d’histoire naturelle de Paris qui avait été la cible d’un cambriolage. Dans la nuit du 15 au 16 septembre 2025, 600 000 euros de pépites d’or avaient été dérobés au sein de la galerie de géologie et de minéralogie de l’institution. Une «perte inestimable» pour la recherche et le patrimoine, avait déploré le musée.

Muséum National d'Histoire naturelle Paris
Muséum National d’Histoire naturelle Paris ©Adobestock

2. Le plus iconique

C’est l’affaire qui rendit La Joconde célèbre. En 1911, un ouvrier italien du Louvre, Vincenzo Peruggia décida un beau matin d’emporter la Joconde sous son bras. Son motif ? “Rendre à l’Italie ce qui appartient à l’Italie”. Le chef-d’œuvre passa deux ans caché dans une malle à Florence avant d’être retrouvé. Avant 1911, La Joconde n’était qu’un portrait parmi d’autres mais ce vol qui inspira de nombreux films comme “Le Vol de la Joconde” de Géza von Bolváry en 1931, “On a volé la Joconde” de Michel Deville en 1966, fit de Mona Lisa une icône mondiale !

3. Le plus mystérieux 

Le casse du “Isabella Stewart Gardner Museum” à Boston, en 1990 reste encore un mystère absolu 35 ans après. Le 18 mars 1990, deux hommes déguisés en policiers entrent dans le musée sous prétexte d’une alerte. 13 œuvres sont volées, dont un Vermeer et plusieurs Rembrandt, pour une valeur estimée aujourd’hui à 500 millions de dollars. Aucune œuvre n’a jamais été retrouvée. Le musée garde encore les cadres vides accrochés aux murs, comme une plaie ouverte et poétique.

Isabella Stewart Gardner Museum Boston
Isabella Stewart Gardner Museum Boston

4. Le plus précis

Un tableau volé, c’est déjà beaucoup… mais cinq ?
Dans la nuit du 19 mai 2010, un homme s’introduit sans un bruit dans le musée d’Art moderne de la Ville de Paris. Pas de sirène, pas d’alarme : juste le silence complice des toiles endormies. En dix-sept minutes, cinq chefs-d’œuvre s’évaporent : Braque, Matisse, Picasso, Léger et Modigliani. Valeur totale : plus de 100 millions d’euros. Le voleur, c’est Vjeran Tomic, un athlète de l’escalade surnommé Spiderman. Quelques jours plus tôt, il avait repéré une simple fenêtre mal vissée. Une faille minuscule dans un musée gigantesque. Il décape, ponce, prépare son entrée comme un artisan du crime. La nuit du casse, il démonte la fenêtre, décroche un tableau… aucune alarme. Alors il continue. Cinq toiles sous le bras, la lune pour témoin. Quand la police l’arrête un an plus tard, Tomic raconte son exploit comme une promenade nocturne. Les œuvres, elles, n’ont jamais été retrouvées.

Musée d'art moderne de la ville de Paris
Musée d’art moderne de la ville de Paris ©adobestock

5. Le plus hollywoodien 

En 1985, des bandits armés braquent le musée Marmottan et volent plusieurs tableaux de maîtres impressionnistes, dont l’emblématique “Impression, soleil levant” du peintre Claude Monet. Ce butin inestimable reste introuvable durant cinq ans, jusqu’à ce qu’une enquêtrice les retrouve en Corse, mettant au jour une incroyable histoire impliquant les yakuzas, redoutables membres de la mafia japonaise !

Impression Soleil Levant, Claude Monet, musée Marmottan Monet
Impression Soleil Levant, Claude Monet, musée Marmottan Monet

6. Le plus rocambolesque

Londres, août 1961. Une nuit tranquille à la National Gallery. Pas de laser, pas de voleurs en costume noir,  juste un jeune homme décidé à faire plaisir à son père. Son nom : John Bunton. Son butin : “le portrait du duc de Wellington” peint par Goya. Tout part d’un coup de sang. Kempton, le père, chauffeur de bus et militant contre la redevance télé, découvre que le gouvernement a déboursé 140 000 livres pour garder le tableau à Londres. L’équivalent de 30 000 abonnements télé ! Scandalisé, il râle, son fils agit. En repérant une porte mal surveillée, John s’infiltre à l’aube et repart avec le Goya sous le bras. Le vol affole l’Angleterre : la presse crie au gang international. En réalité, le tableau dort dans une armoire de HLM à Newcastle. Kempton, poète du peuple, écrit alors des lettres anonymes aux journaux pour négocier une rançon qu’il destine… aux retraités. Quatre ans plus tard, le chef-d’œuvre refait surface dans une consigne de gare. Kempton se dénonce et devient une star, avant d’être condamné… pour le vol du cadre seulement. C’est la seule et unique œuvre qui a été dérobée dans l’histoire de la National Gallery de Londres. Un vol rocambolesque qui a été adapté au cinéma dans “The Duke” du réalisateur Roger Mitchell.

National Gallery de Londres
National Gallery de Londres ©adobestock

7. Le plus rapide

Rotterdam, 16 octobre 2012. Trois minutes. C’est le temps qu’il aura fallu pour dépouiller la Kunsthal de sept toiles de maîtres. Trois minutes, pas une de plus, pour faire disparaître un Picasso, un Matisse, un Monet, un Gauguin, un Freud et deux autres joyaux de l’histoire de l’art. Pas de fumée, pas d’explosion, juste une effraction millimétrée, à l’aube, pendant une exposition prestigieuse. Les voleurs, filmés par les caméras, entrent calmement, découpent les toiles de leurs cadres, les enroulent et disparaissent dans la nuit. Quand la police arrive, il ne reste que les clous sur les murs. Rapidement, l’enquête remonte jusqu’à un petit gang venu de Roumanie. Les suspects sont arrêtés, mais le pire reste à venir : la mère de l’un d’eux, paniquée, aurait brûlé les tableaux dans son poêle pour effacer les preuves. Sept chefs-d’œuvre réduits en cendres.

Paul Gauguin, La fiancée
Paul Gauguin, La fiancée

8. Le plus aztèque

Mexico, 25 décembre 1985. Tandis que la ville dort après la messe de minuit, deux étudiants en médecine vétérinaire rampent dans les conduits d’aération du Musée national d’Anthropologie. Leur mission ? Dérober les trésors des anciens dieux. Carlos Perches Treviño et Ramón Sardina García passent quatre heures à l’intérieur, dans un silence de cathédrale. À la lueur de leurs lampes, ils remplissent leurs sacs de bijoux en or, jade, turquoise, obsidienne… Plus d’une centaine de pièces inestimables, dont certaines vieilles de plus de deux mille ans. Quand le soleil se lève sur Mexico, les vitrines sont vides : le plus grand braquage de l’histoire du pays vient d’avoir lieu. Quatre ans plus tard, la police retrouve les trois quarts du butin cachés… chez les parents de Carlos. Mais plusieurs pièces manquent toujours, et Ramón, lui, n’a jamais été retrouvé.

Musée National d'Anthropologie de Mexico
Musée National d’Anthropologie de Mexico