Ces 5 expressions françaises sont nées à Paris !

Notre-Dame de Paris au printemps depuis la rive

Paris n’a peut-être pas toujours été la capitale, mais elle garde plein de surprises qui font d’elle le cœur battant de la France. Voici 5 expressions françaises nées à Paris, qui vous permettrons une dose d’érudition insolite lors du prochain repas !

1-Quand Notre-Dame de Paris fait des siennes

Notre-Dame de Paris est un monument qu’on ne présente plus. Victor Hugo l’a fait entrer dans la légende avec le fameux Bossu de Notre-Dame. Or, cette cathédrale aux siècles d’histoire faisait déjà parler bien avant que cet écrivain romantique soit sur le devant de la scène littéraire et culturelle. De fait, l’expression « On ne va pas attendre 107 ans » est liée à la construction de Notre-Dame de Paris ! D’ailleurs, ces 107 années ne sont pas du tout un euphémisme, puisqu’il s’agit de la durée véritable de sa construction. Certes, Notre-Dame n’a pas dépassé le chantier éternel de la Sagrada Familia signée Gaudi, mais elle demeure bien haute sur le podium. La première pierre de cette auguste cathédrale parisienne a été posée en 1163, le chantier s’est terminé en 1270. Des générations entières n’ont pas eu la chance d’apercevoir Notre-Dame terminée. C’est d’ailleurs cette attente de 107 ans qui fait que différents styles architecturaux y cohabitent.

Notre-Dame de Paris, incendie du 15 avril 2019
Notre-Dame de Paris, incendie du 15 avril 2019 © Alain Cianci

Cependant, nous aimons penser que la « reconstruction » fait partie de l’histoire de Notre-Dame de Paris, et que ces années s’ajoutent aux « 107 ans » ! Les rénovations du célèbre Viollet-le-Duc entre 1845 et 1864 ont à jamais laissé leur empreinte sur la cathédrale. C’est lui, entre autres, qui a ajouté les gargouilles sur la façade ! Par ailleurs, la restauration récente fait également partie des livres d’histoire. Le 15 avril 2019, l’incendie se déclare. Le lendemain, le président Emmanuel Macron promet que Notre-Dame renaîtra de ses cendres en 5 ans. La promesse fut tenue, car le 8 décembre 2024, la cathédrale a ouvert ses portes de nouveau. Pour ces années de plus, nous pouvons citer Philippe Villeneuve ; architecte en chef des Monuments Historiques, ainsi que Philippe Jost, qui a piloté la fin du chantier et coordonné les centaines d’entreprises mobilisées. Finalement, si nous faisons le compte, sans doute devrions-nous dire « On ne va pas attendre 131 ans » !

2-Un arrondissement de Paris qui n’existait pas

Arrondissements de Paris
Arrondissements de Paris © Naeblys

Avant que les arrondissements de Paris ne soient plus nombreux, on disait « se marier à la mairie du 13e ». Cette expression évoquait les couples qui vivaient ensemble sans être mariés, puisque cet arrondissement n’existait pas encore ! Avant 1860, Paris comptait seulement 12 arrondissements. L’agencement de la capitale connaît une métamorphose immense sous Napoléon III et les grands travaux d’Haussmann. Les communes périphériques sont annexées à Paris, et la ville passe de 12 à 20 arrondissements ! D’ailleurs, le futur 13e aurait dû être dans l’ouest, mais les habitants du quartier refusaient catégoriquement d’être associés à cette expression de mauvais augure selon eux. Afin d’éviter tout accroc, le système en « escargot » pour les arrondissements a été élu : le 13e se retrouvera sur la rive gauche. Maintenant, vous savez : la position du 13e est le résultat d’une expression qui était boudée par quelques bourgeois parisiens de l’époque !

3-La poésie de Pierre Béarn

Le métro de Paris
Le métro de Paris © Adisa

Nous connaissons tous la fameuse expression « métro boulot dodo » : symbole d’ennui et de vie morose dont il ferait bon se détacher. Eh bien, cette expression parisienne date de 1951, lorsque le poète Pierre Béarn publie son recueil Couleurs d’usine. On y retrouve cette strophe :

« Au déboulé garçon pointe ton numéro
Pour gagner ainsi le salaire
D’un morne jour utilitaire
Métro, boulot, bistro, mégots, dodo, zéro »

Il faudra attendre plus de 10 ans pour que l’expression soit réutilisée et simplifiée, lors des manifestations de Mai 68. La monotonie du quotidien urbain aura donc pris tout son sens, non par une accroche journalistique, mais grâce à un poète !

4-Le secret explosif du Palais-Royal

« Rendez-vous à midi pétante. », en voilà une expression surprenante, qui trouve sa source dans une anecdote des plus littérales ! Figurez-vous qu’en 1786, un panneau solaire a été installé au Palais-Royal. Sur cette construction, une loupe concentrait les rayons du soleil, et à midi, elle enflammait une petite charge de poudre, qui finissait par faire le bruit d’un gigantesque pétard ! Ainsi, les Parisiens savaient qu’il était midi. Ce drôle de panneau solaire est devenu une curiosité, puis une amusante expression.

Jardin du Palais-Royal où le cadran solaire se trouvait
Jardin du Palais-Royal où le cadran solaire se trouvait © Olrat

5- Ce qui se cache sur le sol de Paris

Le sol de Paris garde des secrets et des histoires uniques. C’est bel et bien pour cela que l’expression « battre le pavé » est née ! Avant que les voitures, le métro, les bus ou les vélos prennent le pas, tous les corps de métier marchaient sans cesse dans les rues de Paris, et battaient le pavé. Disons qu’aujourd’hui, les touristes en quête de frissons parisiens battent également le pavé avec autant de vigueur.

Cette expression pousse à se demander si Paris est moins pavée qu’avant. La réponse est « oui », même s’il faut nuancer. Durant des siècles, les rues de la capitale étaient pavées pour éviter que la boue ne s’accumule et pour améliorer la circulation de la ville en pleine croissance. Or, l’arrivée de l’automobile rend les pavés trop bruyants, moins confortables, et ils s’usent vite à cause du trafic intense. Lors de Mai 68, les pavés deviennent d’ailleurs un emblème, puisque les manifestants les retirent pour faire des barricades avec ce slogan : « Sous les pavés, la plage ! » C’est à partir de 1980 que de nombreuses chaussées sont recouvertes de bitume : souvent directement au-dessus des anciens pavés. Mais l’erreur est de dire que c’est à cause de Mai 68 : les voitures sont l’argument principal. Finalement, même les vieux pavés ne sont pas bien loin, ils sont juste camouflés. Aujourd’hui, on pourrait plutôt affirmer qu’on « roule le pavé ».

Une rue pavée de Paris
Une rue pavée de Paris © Yvan Reitsterov

Photo à la une : Notre-Dame de Paris au printemps depuis la rive © Sborisov

Rédactrice
Mes écrits révèlent mes passions, aussi brûlantes que mon imagination. Je rêve d'architecture, d'art naïf, de nature, d'histoires oubliées, de l'Île-de-France et ses secrets.