
Entre forêts mystérieuses, tours élancées et Jardins à la française, ce château semble tout droit sorti d’un conte. Son architecture élégante, ses salons chargés d’histoire et la magie de son décor en font l’un des plus fascinants du Val de Loire. Il aurait d’ailleurs inspiré à Charles Perrault l’un de ses plus célèbres récits…
Aux origines d’un rêve de pierre
Ce château féerique, bâti à une trentaine de kilomètres de Tours et à 15 km de Chinon, dresse sa silhouette, face à la vallée de l’Indre, depuis plus de mille ans sa silhouette de conte. C’est ici, vers l’an 1000, que Gelduin Ier fit ériger une première forteresse de bois et de pierre, destinée à protéger la Touraine, alors déchirée par les guerres. Au XVe siècle, l’ancien château fort devint peu à peu une demeure d’apparat, sous l’impulsion de Jean V de Bueil, compagnon de Jeanne d’Arc, puis de Charles d’Espinay et de Lucrèce de Pons.

Les tours se parèrent alors de tuffeau blanc, les défenses cédèrent la place à l’élégance, et la chapelle s’orna de vitraux colorés. Du Moyen Âge à la Renaissance, les transformations s’enchaînèrent, sculptant peu à peu un chef-d’œuvre architectural unique où se mêlent donjons, galeries et pavillons. Au XVIIe siècle, le mariage du fils du propriétaire avec la fille du maréchal de Vauban marqua un tournant puisque le château devint une demeure de plaisance raffinée, digne des plus grands seigneurs du royaume.
L’inspiration d’un conte éternel
C’est au siècle suivant que ce décor enchanteur captiva un visiteur de marque : Charles Perrault. L’auteur, invité par le marquis de Valentina, y séjourna à plusieurs reprises. Les façades immaculées du château, l’élégance de sa silhouette avec ses tours et tourelles, son panorama enchanteur, la forêt voisine, ou encore l’atmosphère empreinte de mystère vinrent nourrir l’inspiration du grand écrivain français pour écrire « La Belle au Bois Dormant« .

Depuis, dans les tours et les salons, la visite évoque les scènes du conte : la princesse endormie, les fées, le prince charmant… À travers les salles meublées, on découvre aussi le raffinement de cette demeure qu’habitèrent d’autres grandes figures comme l’ingénieur et architecte militaire Vauban ou l’écrivain romantique et homme politique français, Chateaubriand, qui y planta même deux cèdres du Liban, offerts à la duchesse de Duras, que l’on peut encore admirer dans le parc.
Le château d’Ussé : joyau vivant du Val de Loire
Il était une fois… le château d’Ussé, à l’intérieur duquel on admire plafonds en trompe-l’œil, salons richement décorés, escaliers dessinés par Mansart, et même une collection de calèches anciennes abritées dans les caves voûtées ! Impossible de ne pas être charmé. Paisiblement dressé sur les bords de l’Indre, au cœur du village de Rigny-Ussé, le château est toujours habité par la famille du duc de Blacas, ce qui en fait l’un des rares châteaux privés de la Loire encore occupés par les descendants de ses anciens propriétaires. Ce qui ne l’empêche pas d’ouvrir ses portes au public chaque année, du 15 février au 11 novembre, offrant une plongée dans l’histoire, l’art et la féerie.
Ses jardins à la française, signés Le Nôtre, déploient sur plusieurs terrasses un spectacle d’une perfection géométrique : parterres fleuris, buis taillés, bassins, orangers centenaires et fontaines animent ce décor théâtral imaginé par le célèbre jardinier de Versailles. Plus bas, la longue terrasse consolidée par Vauban domine la rivière et offre un panorama d’une beauté saisissante. Un véritable château de conte de fée, cela ne fait aucun doute.
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Image en Une : Panorama du Château d’Ussé surnommé Château de la Belle au Bois Dormant © AdobeStock_feuerpferd1111
Mélina Hoffmann
