Ce médecin parisien surnommé « Docteur Satan » fut condamné pour 24 meurtres atroces

Photographie d'identité judiciaire du docteur Petiot surnommé Docteur Satan le 22 novembre 1944 © Wikimedia

À Paris, en pleine Seconde Guerre mondiale, un médecin en apparence irréprochable cachait un secret des plus sombres. En effet, ce qui a été retrouvé dans son immeuble du 16e arrondissement a glacé le sang des enquêteurs de l’époque et a valu à ce personnage ignoble le surnom de « Docteur Satan ». On vous raconte ce sordide fait divers.

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L’enfer derrière les murs

Le 11 mars 1944, une étrange odeur s’échappe d’un immeuble bourgeois de la rue Le Sueur, dans le 16e arrondissement de Paris. Alertés, les pompiers s’introduisent dans la maison par une fenêtre, craignant un incendie. Mais ce qu’ils découvrent est encore plus sinistre. Imaginez plutôt : au sous-sol, des morceaux de corps humains brûlent dans un poêle. Autour, des valises, des vêtements, des restes humains. Très vite, la police est appelée. Le cauchemar prend forme.

Une du journal Le Matin du 14 mars 1944 © Wikimedia
Une du journal Le Matin du 14 mars 1944 © Wikimedia

Au fil des heures, les enquêteurs identifient une véritable installation macabre : une pièce transformée en chambre à gaz, équipée d’un judas, des doubles portes, un puits de chaux vive… Au total, 27 corps seront retrouvés ! Tous victimes du propriétaire des lieux, le docteur Marcel Petiot. L’homme, cependant, a disparu.

Le faux résistant et vrai tueur en série

Médecin respecté, figure ambiguë de la Résistance, Marcel Petiot n’en est pas à son premier mystère. Il avait déjà été arrêté puis relâché par la Gestapo pour activités suspectes. À l’époque, on le pensait passeur, aidant des Juifs ou criminels à fuir la France occupée. Sous le nom d’Eugène, il promettait un départ sûr pour l’Argentine en échange d’argent et de bijoux. Les familles apportaient leurs biens les plus précieux pour ce voyage vers la liberté… mais ne revenaient jamais.

Les chaudières découvertes chez Marcel Petiot, surnommé Docteur Satan © Wikimedia
Les chaudières découvertes chez Marcel Petiot, surnommé Docteur Satan © Wikimedia

Pendant des mois, les enquêteurs tentent de retrouver sa trace, tandis que l’affaire affole la presse, qui lui donne alors ce surnom de « Docteur Satan », ainsi que celui de « Barbe bleu des temps modernes ». C’est finalement en octobre 1944 que l’homme est arrêté à la station Saint-Mandé – Tourelle, après des semaines de cavale. Il nie tout, affirmant que ses victimes étaient des nazis ou des collaborateurs, mais les identifications contredisent ses dires. Parmi les effets retrouvés, ceux d’un fourreur juif et d’un enfant disparu avec ses parents. La vérité éclate alors : ses victimes n’étaient pas des ennemis de la France, mais des innocents abusés par un manipulateur sans scrupules.

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« Docteur Satan » condamné

Marcel Petiot n’était pas inconnu des autorités. Né en 1897 à Auxerre, il avait déjà été interné en hôpital psychiatrique, réformé pour troubles mentaux pendant la Première Guerre mondiale, et condamné pour vol et escroquerie. Installé à Paris après des affaires douteuses à Villeneuve-sur-Yonne, il s’était réinventé en médecin engagé dans la Résistance. Il intégra même les Forces Françaises de l’Intérieur sous une fausse identité, et grimpa dans la hiérarchie, au point de participer à l’épuration à la Libération.

Marcel Petiot - _Docteur Satan_ à son procès © Wikimedia
Marcel Petiot – _Docteur Satan_ à son procès © Wikimedia

Son procès débuta en mars 1946 et fut décrit par le journal Le Figaro comme « l’un des plus grands procès de l’histoire criminelle ». Le criminel fascina l’assemblée par son aplomb, sa rhétorique, sa froideur. Malgré sa défense confuse, il fut reconnu coupable de 24 meurtres (sur les 27 présumés) et condamné à mort. Le 25 mai 1946, à la prison de la Santé, Marcel Petiot fut guillotiné. En guise d’adieu il prononça cette dernière phrase, aussi macabre que le reste : « Je suis un voyageur qui emporte ses bagages. »

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Image en Une : Photographie d’identité judiciaire du docteur Petiot surnommé Docteur Satan le 22 novembre 1944 © Wikimedia

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Mélina Hoffmann