Entre Mers et Fleuves, l’histoire des deux fontaines de la place de la Concorde

© Adobe Stock

Située entre le jardin des Tuileries et celui des Champs-Élysées, la place de la Concorde est souvent identifiée à son obélisque, cadeau de l’Égypte érigé depuis 1836. Mais elle est aussi caractérisée par ses deux fontaines monumentales, dont les ornements célèbrent le génie naval de la France.

Une place marquée par les révolutions

Marquée par la Révolution française, la place de la Concorde doit adopter de nouveaux symboles. Sous la Restauration, un premier projet d’une statue de Charlemagne est finalement abandonné, Louis XVIII préférant bâtir un monument en hommage à son frère Louis XVI, exécuté à cet endroit sous la Terreur. En 1826, son successeur Charles X y pose la première pierre, et la place est rebaptisée du nom du roi martyr. Mais la révolution de Juillet interrompt le projet, et redonne au lieu le nom de « Concorde ».

Place de la Concorde © AdobeStock
Place de la Concorde © AdobeStock

Après y avoir fait installer l’obélisque de Louxor, Louis-Philippe Ier décide de transformer la place. Entre 1836 et 1846, l’architecte Jacques-Ignace Hittorff la réaménage alors avec deux fontaines monumentales positionnées de part et d’autre du monument égyptien : la Fontaine des Mers et la Fontaine des Fleuves. En s’écartant de tout hommage politique, elles permettent de célébrer le génie naval de la France – un clin d’œil au ministère de la Marine qui se trouve à côté.

Des fontaines de Mers et de Fleuves

Aujourd’hui encore, on peut observer tous les ornements de ces deux monuments : du côté nord, la Fontaine des Fleuves est composée de deux allégories à l’apparence humaine représentant le Rhin et le Rhône, entourées des statues de la Navigation fluviale, l’Agriculture et l’Industrie et d’une composition de raisins, de blé, de fruits et de fleurs.

Place de la Concorde - © Adobe Stock
Place de la Concorde – © Adobe Stock

Du côté sud, la Fontaine des Mers détient six figures allégoriques de l’Océan, la Méditerranée, la pêche des poissons, des coraux, des perles et des coquillages ; ainsi que les trois génies de la Navigation maritime, du Commerce et de l’Astronomie accompagnés de cygnes. Bien qu’elles conservent une certaine cohérence, celles-ci ont la particularité d’avoir été réalisées par une grande diversité d’artistes, que sont Jean-François-Théodore Gechter, Honoré-Jean-Aristide Husson, François Lanno, Nicolas Brion, Auguste-Hyacinthe Debay, Antoine Desboeufs, Jean-Jacques Feuchère, Antonin-Marie Moine, Jean-Jacques Elshoecht et Louis-Parfait Merlieux.

Le coin des cinéphiles

La monumentalité et la richesse ornementale des deux fontaines de la place de la Concorde ne sont pas passées inaperçues chez les cinéastes. En effet, on les voit apparaître dans un certain nombre de films, comme dans L’Amant de cinq jours de Philippe de Broca, dans le Fantomas d’André Hunebelle ou encore Le Diable s’habille en Prada de David Frankel. Une reproduction a même été créée lors de la scène de danse finale d’Un Américain à Paris de Vincente Minnelli.

Le Diable s'habille en Prada, David Frankel, 2006
Le Diable s’habille en Prada, David Frankel, 2006

À lire également : À 30 mn de Paris, cette cité médiévale abrite une fontaine dont l’eau serait miraculeuse

Image à la une : © Adobe Stock

Rédactrice
En écrivant sur l'actualité des musées, galeries, cinémas ou librairies, j'ai à cœur de partager un regard sincère tout en défendant des lieux indépendants.