Au jardin des Plantes, ce kiosque est l’une des plus anciennes structures métalliques au monde

La gloriette de Buffon - © Adobe stock

Si vous vous promenez un jour au jardin des Plantes, dans le 5e arrondissement de Paris, vous pourrez remarquer un joli kiosque trônant en haut du grand labyrinthe. Conçu au XVIIIe siècle, il est désormais la plus ancienne structure métallique de Paris.

Du haut d’une butte

Cette gloriette a été construite au sein du 5e arrondissement, dans un terrain autrefois nommé la « terre d’Alez », se situant entre la montagne Sainte-Geneviève et la Seine. Elle se trouve sur la butte des Copeaux, une élévation due au recouvrement d’un ancien dépotoir médiéval, où avait été érigé le moulin de la Tournelle. C’est en 1626 que le lieu est transformé pour accueillir le Jardin royal des plantes médicinales à la demande de Louis XIII, et devenir un espace de promenade.

La gloriette de Buffon - © Adobe stock
La gloriette de Buffon – © Adobe Stock

Une gloriette classée

Après ces aménagements, la gloriette a été ajoutée entre 1786 et 1788 pour rendre hommage à Georges-Louis Leclerc de Buffon, intendant du Jardin du Roi. On la doit au serrurier du jardin, qui l’a construite selon les plans de l’architecte Edme Verniquet : celui-ci y avait alors ajouté un gong méridien qui indiquait midi par douze coups.

La gloriette de Buffon. DR
La gloriette de Buffon. DR

Le monument est composé de cinq métaux (fer, cuivre, or, bronze, plomb) provenant des forges de Buffon, et demeure la plus ancienne structure métallique de Paris, ainsi que l’une des plus anciennes au monde. Sur sa corniche, on peut lire l’inscription : « Je ne compte que les heures heureuses ». L’édifice est composé de huit colonnes disposées en cercle portant un lanterneau, et est entouré par le grand labyrinthe du jardin des Plantes. Il est aujourd’hui classé au titre des monuments historiques.

Un lieu de libertinage

La gloriette de Buffon. DR
La gloriette de Buffon. DR

La gloriette dite « de Buffon » est aussi connue pour avoir été un lieu de libertinage intellectuel durant les siècles passés. Dans son ouvrage Les Nuits de Paris, Rétif de la Bretonne raconte les rendez-vous qui y étaient donnés à la fin du XVIIIe siècle, après la fermeture du jardin des Plantes : des Parisiens s’y rencontraient masqués pour boire, débattre, danser et s’adonner aux plaisirs de la chair dans une société réprimée par les dogmes.

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