
Chaque année, une magie particulière s’empare des villes : des rues et des places qui se parent de mille lumières, des effluves de cannelle et de vin chaud ou encore des mélodies de Noël qui résonnent. Avec leurs chalets en bois et leur atmosphère féérique, les marchés de Noël sont devenus un rendez-vous incontournable de la fin d’année… mais connaissez-vous leur histoire ?
Un succès né il y a 8 siècles de cela
Les premiers marchés de Noël font leur apparition au XIIIe siècle sous le nom de “marché de la Saint-Nicolas”, lorsqu’un arrêté municipal de la ville de Vienne (Autriche) mentionne l’organisation d’un marché de la Saint-Nicolas. Ces marchés se nomment ainsi en hommage à l’évêque Saint-Nicolas de Myre, patron des écoliers renommé pour sa charité et sa foi combative. Au fil des ans, les arrêtés municipaux mentionnant des marchés similaires dans l’ensemble du Saint Empire germanique se multiplient. Pour ce qui est du terme “marché de Noël”, il faut en réalité attendre 1434, lorsque le prince Frédéric II de Saxe autorise l’organisation d’un marché de Noël à Dresde (Allemagne) le lundi précédent Noël. Connu sous le nom de « Dresdner Striezelmarkt », il s’agit du plus ancien marché de Noël d’Allemagne. Une euphorie qui va s’étendre jusqu’en France, et notamment à Strasbourg, ville proche culturellement et géographiquement, dont la première mention officielle remonte à 1570. Dès lors, celle qui est aujourd’hui la capitale de la région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine embrasse la tradition sur le parvis de la cathédrale, jusqu’à devenir aujourd’hui l’une des destinations les plus en vogue d’Europe lorsque l’on parle de marchés de Noël. À l’époque, ces marchés étaient des lieux où l’on trouvait des articles pour l’hiver, mais aussi des jouets en bois, des sucreries et des décorations rudimentaires. Le Striezel, brioche tressée garnie de fruits secs, le Christstollen, connu comme le « rouleau de Noël », ou encore le célèbre pain d’épices de Pulsnitz, participent également à la renommée de ces marchés.
Voir cette publication sur Instagram
Un rendez-vous qui a évolué au fil de l’Histoire
Le XVIe siècle marque un tournant majeur dans l’histoire des marchés de Noël, notamment avec la Réforme protestante qui remet en question le culte des saints. À la place de Saint-Nicolas, le “Christkind” (l’Enfant Jésus) devient celui qui apporte les cadeaux aux enfants la veille de Noël. Une transition non sans impact direct sur les marchés, qui migrent progressivement vers les jours précédant Noël et sont désormais appelés “Christkindlmarkt” ou “Weihnachtsmarkt” (marché de Noël). Le changement se ressent également dans la diversification et la spécialisation des produits proposés, avec une place importante prise par l’artisanat local : menuisiers sculptant des jouets en bois, souffleurs de verre créant des ornements délicats ou encore confiseurs imaginant de nouvelles douceurs. Au fil des siècles, les marchés de Noël continuent de se développer et de s’étendre. Au XIXe siècle, avec l’industrialisation et l’amélioration des transports, ils deviennent même des événements sociaux majeurs, attirant des visiteurs de plus en plus nombreux. C’est d’ailleurs à cette époque que se forge l’image romantique du marché de Noël, avec ses lumières scintillantes, ses chants et son ambiance chaleureuse, et que la tradition du sapin de Noël, originaire d’Allemagne, se popularise. L’autre tournant majeur a lieu dans les années 1930, lorsque le parti nazi s’approprie les coutumes de Noël. Crèches, calendrier de l’Avent… tout est contrôlé pour en faire une fête nationaliste et stimuler l’économie allemande. Adolf Hitler impose la vente uniquement de produits nationaux et standardise les décorations des échoppes des marchés.
Voir cette publication sur Instagram
Où profiter de marchés de Noël à Paris ?
Si la Seconde Guerre mondiale marque la fin, pour un temps, des marchés de Noël, il faut attendre les années 1960-1970, grâce au boom économique des Trente Glorieuses et la montée du consumérisme lié à Noël, pour que les marchés de Noël deviennent alors des événements culturels de masse. En 1992, Strasbourg s’autoproclame « Capitale de Noël », puis les villes alsaciennes réinventent le concept : de 8 marchés de Noël en Alsace en 1990, leur nombre passe à plus de 300. Une folie des marchés de Noël qui gagne très vite la France entière. Désormais, chaque grande ville se doit d’organiser son marché de l’avent. Une tendance à laquelle n’échappe pas Paris, qui finit par rivaliser avec l’indétrônable marché de Strasbourg en décrochant la palme du marché de Noël le plus fréquenté de l’Hexagone avec celui des Champs-Élysées (15 millions de visiteurs accueillis durant sept semaines). Si celui-ci n’est pas au programme des festivités de Noël 2025, il faut aujourd’hui se rendre à deux pas de là, au Marché de Noël des Tuileries, surnommé “La Magie de Noël”. Ouvert depuis le 14 novembre et jusqu’au 4 janvier 2026, tous les jours de 11h à 23h45 (fermeture à 20h les 24 et 31 décembre) au Jardin des Tuileries, ce marché prend le relais côté chalets, animations et patinoire. Autres options proches pour profiter de l’ambiance de Noël dans la capitale : le marché de Noël de La Défense (du 13 novembre au 28 décembre 2025), de Montmartre (du 21 novembre 2025 au 4 janvier 2026) ou encore celui de Notre-Dame (du 28 novembre au 25 décembre 2025).
Voir cette publication sur Instagram
À lire également : Avez-vous déjà entendu parler des recluses, ces femmes emmurées vivantes dans le Paris médiéval ?
Image à la une : Marché de Noël Tuileries © Getty Images
