
À seulement 4h de Paris, le plus grand lac entièrement suisse, le lac de Neuchâtel, cachait un incroyable secret : des archéologues y ont remonté une cargaison vieille de 2 000 ans. Épées, céramiques en terre cuite parfaitement conservées… plus de 1 000 objets datant de 20 à 50 après Jésus-Christ. On vous raconte l’histoire de cette découverte exceptionnelle.

Une plongée ordinaire…
Situé à la frontière entre la Suisse romande et les Alpes, le lac de Neuchâtel est le plus grand lac entièrement situé en Suisse. Bordé de villes historiques, de vignobles et de zones naturelles préservées, il s’étend sur près de 40 kilomètres. C’est dans ce décor paisible que Fabien Langenegger et Julien Pfyffer ont mené leur plongée. Sous la surface calme du lac de Neuchâtel, rien ne laissait deviner ce qu’ils allaient découvrir. Connu pour ses eaux paisibles et la diversité de ses paysages, le lac semblait loin de révéler un tel secret. Mais ce jour de plongée, une étrange forme circulaire capte l’attention du duo. Pendant quelques secondes, le doute s’installe… Puis, dans le faisceau d’une lampe, un trésor surgit. Des assiettes brisées, des bols, des amphores… et bientôt des centaines de pièces parfaitement conservées apparaissent sous leurs yeux. En quelques instants, les archéologues comprennent qu’ils ne viennent pas seulement de tomber sur un amas d’objets… mais sur une scène figée depuis près de 2 000 ans.

…une découverte extraordinaire
Nous sommes fin 2024, mais la découverte restera secrète pendant de longs mois pour éviter tout pillage. Il faudra attendre plusieurs campagnes de fouilles, entre 2025 et 2026, pour révéler l’ampleur du trésor : plus de 1 000 objets, des glaives, des outils, et même des restes de nourriture encore présents dans certains récipients. Tout indique qu’un navire marchand, probablement escorté par des soldats, a sombré ici entre l’an 20 et 50 après Jésus-Christ, emportant avec lui une cargaison destinée à un camp romain.

Un trésor archéologique vieux de 2 000 ans
Mais le plus fascinant reste peut-être invisible. Car si la cargaison a été retrouvée, l’épave, elle, demeure introuvable. Comme si le bateau s’était volatilisé, ne laissant derrière lui que ses marchandises et quelques indices précieux : un panier en osier miraculeusement conservé, des amphores venues d’Espagne, ou encore des roues de char attestant d’un réseau de transport mêlant voies terrestres et lacustres. Aujourd’hui, chaque objet est minutieusement restauré, étudié, décortiqué… dans l’espoir de reconstituer, pièce par pièce, l’histoire de ce naufrage oublié et de comprendre comment, au fond d’un lac suisse, le temps a pu s’arrêter et rester figé pendant deux millénaires.