
À deux pas du Centre Pompidou, caché au fond de la petite impasse Berthaud, cet espace vert de 4000 m² est l’un des endroits les plus émouvants du 3e arrondissement : le jardin Anne Frank. Inauguré il y a presque 20 ans, c’est à la fois un coin paisible et un lieu de mémoire inattendu dans cette partie du Marais. On vous y emmène !
Un jardin dont l’origine remonte au XVIIe siècle
Le jardin Anne Frank prend place dans les anciens jardins de l’hôtel de Saint-Aignan, un hôtel particulier construit entre 1644 et 1650 par l’architecte Pierre Le Muet pour Claude de Mesmes, comte d’Avaux et surintendant des finances de Mazarin. Ce joli bâtiment classé monument historique abrite désormais le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ), et le jardin Anne Frank en est le prolongement naturel. C’est aussi l’unique espace vert public du quartier Sainte-Avoye !

Le jardin tel qu’on le voit aujourd’hui a été inauguré en 2007 par Bertrand Delanoë, alors maire de Paris, et Hans Westra, directeur de la Maison Anne-Frank à Amsterdam. À cette occasion, un greffon du marronnier qu’Anne Frank admirait depuis le grenier de sa cachette est planté solennellement : classé arbre remarquable pour sa valeur symbolique, ce marronnier d’Inde voisine actuellement avec un érable du Japon à l’entrée du jardin.
Un espace vert aux multiples ambiances
Le jardin Anne Frank se compose en fait de 3 parcelles distinctes, chacune ayant sa propre identité. La parcelle Berthaud affiche un style contemporain et porte les traces les plus directes de la mémoire : c’est ici que pousse le fameux marronnier et que se dresse depuis 2016 le groupe statuaire en bronze d’Alexander Polzin. Cette œuvre intitulée Hommage à Paul Celan représente deux figures saisissantes, une femme debout liée à un poteau et un homme tordu par la douleur à ses pieds, rendant hommage à ce grand poète juif de langue allemande. Installé à Paris dès 1948, Paul Celan, que la Ville de Paris désigne comme le « poète de l’Holocauste« , a perdu ses parents dans les camps nazis avant de mourir à Paris en 1970. Son œuvre la plus célèbre, La Fugue de la mort, reste l’un des plus puissants témoignages poétiques sur la Shoah.

La parcelle centrale est la plus ancienne : elle existe depuis le XVIIe siècle et constituait le jardin d’apparat de l’hôtel particulier. Sa tonnelle, ses allées aux formes géométriques et ses parterres gazonnés évoquent directement les jardins à la française que le paysagiste André Le Nôtre avait redessinés pour le duc de Saint-Aignan à la fin du XVIIe siècle. Ce cadre minéral et élégant offre une belle perspective sur la façade arrière du MAHJ.

Enfin, la troisième parcelle change complètement d’atmosphère : conçue comme un verger, elle est bordée de pommiers, de cerisiers à fleurs et de massifs de plantes vivaces. Un espace de jeux pour les enfants et une pelouse accessible complètent ce coin de verdure inattendu, qui fait le bonheur des familles du quartier !
Un devoir de mémoire à portée de métro
Le jardin Anne Frank est l’un de ces lieux parisiens qui ne payent pas de mine de l’extérieur mais qui marquent durablement ceux qui les découvrent. À quelques pas du Centre Pompidou et du MAHJ, ce jardin labellisé Ecojardin constitue une halte mémorielle et bucolique rare dans ce quartier dense. Il mérite largement le détour, quelle que soit la saison !

Jardin Anne Frank
14 impasse Berthaud, 75003 Paris
Métro : Rambuteau (ligne 11)
Ouvert tous les jours à partir de 10h (fermeture variable selon la saison : 20h en avril, 21h de mai à août, 20h en septembre, 19h en octobre). Pendant la période scolaire, fermeture les mercredis, jeudis et vendredis matin de 10h à 12h dans le cadre du dispositif « faire classe dehors ».
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