
Située à deux pas de la Seine, côté Rive gauche, l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris est l’une des principales écoles françaises enseignant la peinture, sculpture, photographie ou création numérique. Fondée en 1817, elle s’ouvre sur la rue Bonaparte, avec une entrée gardée par deux grandes figures de l’art classique et baroque…
Une école fondée en 1817
Après la suppression des Académies royales en 1793, l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris est officiellement fondée en 1817. Elle devient alors l’institution de référence pour se former à ce que l’on nomme alors les « beaux-arts », qui concernent la peinture, la sculpture, la gravure et l’architecture, avant que ce dernier enseignement soit finalement réservé aux Écoles nationales supérieures d’architecture (ENSA). D’abord exclusivement ouverte aux hommes, l’École accepte finalement les femmes dès 1897 grâce au combat de la sculptrice Hélène Bertaux.

Des bâtiments hétéroclites
Étendue sur plus de deux hectares dans le 6e arrondissement de Paris, l’École des Beaux-Arts est installée dans un ensemble de bâtiments datant des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. La chapelle fait notamment partie des vestiges de l’ancien couvent des Petits-Augustins. Après avoir été un monastère, puis un musée, le site accueille l’École avec de nouveaux édifices conçus par les architectes François Debret et Félix Duban dès 1819 : le bâtiment des Loges pour les concours, le Palais des Études et le bâtiment des expositions (salle Melpomène et salle Foch). Puis en 1883, l’École s’agrandit considérablement avec l’achat de l’hôtel de Chimay et de ses annexes datant des XVIIe et XVIIIe siècles.

Un portail gardé par deux artistes
Si vous êtes passé par la rue Bonaparte, vous avez sûrement remarqué le grand portail de l’École des Beaux-Arts. Réalisée en 1838, cette grille imposante est ornée de deux bustes en pierre réalisés par Michel Mercier et représentant deux artistes reconnus. À gauche, on peut observer le portrait de Pierre Puget (1620-1694), l’un des grands sculpteurs et peintres baroques de France, si bien qu’il était surnommé le « Michel-Ange de la France » par ses contemporains.

À droite, on observe un second portrait représentant Nicolas Poussin (1594-1665), maître incontesté du classicisme. Célébré de son vivant, il devient peintre du roi et exerce une influence considérable sur les générations suivantes d’artistes. Représentés comme deux maîtres gardiens de l’École des Beaux-Arts, Puget et Poussin illustrent ainsi une continuité entre les artistes classiques, modernes et contemporains, malgré leurs nombreuses divergences.
École nationale supérieure des Beaux-Arts
14 rue Bonaparte, 75006 Paris
À lire également : Avez-vous déjà vu cet ancien portail parisien coincé entre deux immeubles massifs du 19e ?