
Que ce soit l’étrange momie place de la Bastille, les fantômes du musée du Louvre ou encore la statue Saint-Denis de Montmartre, Paris ne cesse de préserver ses mystères. Mais alors, est-elle une ville de francs-maçons ? Il est temps de rétablir la vérité, entre idées reçues et réalité !
La Franc-maçonnerie
Avant tout, une définition s’impose ! La franc-maçonnerie nourrit les légendes collectives car il s’agit d’une philosophie qui évolue dans le secret. C’est d’ailleurs pour cela qu’on ne trouvera jamais de définition unique à son sujet. On sait que l’on y pratique des rites initiatiques, liés à l’art de la parole, et du savoir. La franc-maçonnerie se définit comme « une association essentiellement philosophique et philanthropique », parfois comme « un système de morale ». Ses symboles sont nombreux, comme pour tout groupe qui cherche à avoir une identité visuelle. Une chose est sûre : selon les pays et les époques, on pratique la franc-maçonnerie différemment !

Mais est-ce que Paris est remplie de symboles maçonniques ? Cette première question est à nuancer ! De fait, quelques les symboles francs-maçons existaient bien avant que l’organisation aie été créée. Dans l’art du Moyen-Âge, le triangle représentait la Sainte-Trinité, par exemple. En tout cas, on retrouve l’équerre et le compas, sur quelques monuments (ou tombes) parisiens. Ce symbole est le plus connu de la franc-maçonnerie, car l’équerre représente la droiture, la justice et la morale. Le compas, lui, incarne la mesure, la maîtrise de soi et la réflexion. Parfois, on retrouve une étoile à 5 branches, pour la lumière, la connaissance, et l’être humain. Enfin, le fameux « œil qui voit tout », mais celui-ci est aussi bien plus ancien que la franc-maçonnerie et existait dans d’anciennes iconographies. C’est pour cela qu’on le voit sur le billet d’un dollar américain ! Quant au maillet, il représente le travail sur soi : comme un tailleur de pierre qui se façonne lui-même.
Il est donc difficile de repérer tous les symboles francs-maçons qui pourraient être dissimulés dans Paris. Souvent, cela revient à théoriser. Mieux vaut s’attarder sur ceux dont on connaît l’histoire !
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Paris franc-maçonne : une histoire séculaire
Une chose est sûre : Paris est devenue l’un des plus grands centres de la franc-maçonnerie française au XVIIIe siècle ! La franc-maçonnerie moderne est apparue officiellement en 1717 à Londres, avec la création de la Grande Loge d’Angleterre. Puis, c’est entre 1725 et 1730 que tout ce beau monde crée les premières loges parisiennes ! Le mot « loge » ne désigne pas un lieu, mais un groupe de membres. À cette époque, Paris est la plus grande ville du royaume de France, un centre politique, culturel, et intellectuel. Toutes les élites s’y retrouvent. En plus, le fameux courant des Lumières arrive, et avec, les salons, les académies, les débats philosophiques. Donc, la franc-maçonnerie s’intègre parfaitement à ce mouvement. Nobles, officiers, artistes, magistrat, commerçants… Beaucoup y trouvent leur compte.

Cette Paris franc-maçonne ne plaît cependant pas à tout le monde. En 1738, le pape Clément XII condamne officiellement les loges. Pour l’Église, le problème vient du secret. Aussi, dans la franc-maçonnerie, qu’importe la religion, alors des catholiques, des protestants, ou encore des juifs se retrouvent, et cela ne plaît pas non plus à l’Église de l’époque. Clairement, cette idée d’unicité était une vision déjà révolutionnaire.
Cette condamnation n’a pas empêché l’évolution de la franc-maçonnerie à Paris. En 1773, le Grand Orient de France est créé, et Paris devient la principale obédience française. Une obédience est le lieu où tout est dirigé, là où les règles, les rituels et les conditions d’admission sont fixés. La principale idée reçue est de penser que les francs-maçons se retrouvent dans des grottes à l’abri des regards. Le Grand Orient de France (16 Rue Cadet) est un bâtiment qui tient toujours debout, comme la Grande Loge de France (8 Rue Puteaux). Ce qui y demeure secret, ce sont les réunions franc-maçonnes ! Sachez d’ailleurs qu’un musée de la franc-maçonnerie se trouve à la première adresse citée.

Du Père-Lachaise au Panthéon
Les traces des anciens francs-maçons parisiens se retrouvent dans des lieux bien connus de la capitale ! Nuance toujours : le Père-Lachaise n’est pas un cimetière maçonnique, mais il est la dernière demeure de nombreux anciens francs-maçons. En l’occurrence, la tombe de Charles Voisin, grand ingénieur en aéronautique, est truffée de symboles maçonniques, de la même manière que la célèbre tombe de l’écrivain anglais Oscar Wilde !
Puis, parmi les 81 personnalités inhumées au Panthéon, 37 sont des francs-maçons ! Et parmi ces 37, 17 sont panthéonisés. Alors Paris n’est peut-être pas une ville de francs-maçons, mais beaucoup y vivent encore et d’autres y ont trouvé le repos éternel. Quant à la question : est-ce que la pyramide du Louvre est maçonnique ? Sachez qu’il n’y a aucune preuve, et mieux vaut philosopher sur ce que l’on sait, même si Paris cache certainement de nombreux secrets à ce sujet !

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Photo à la une : Musée du Louvre et sa pyramide de nuit © Nadirco