Saviez-vous que le Louvre a aussi sa propre chapelle fondée au XVIIe siècle ?

À deux pas du musée du Louvre, au 145 rue Saint-Honoré, se dresse un édifice remarquable, dont on méconnait pourtant l’histoire. Aujourd’hui temple protestant, l’Oratoire du Louvre est pourtant né au XVIIe siècle dans un tout autre contexte : celui de la Réforme catholique. Une première chapelle y est ouverte en 1616, avant qu’une vaste église ne soit construite à partir de 1621. Devenue chapelle royale sous Louis XIII, puis temple protestant en 1811, elle est désormais classée au titre des monuments historiques.

Une chapelle à deux pas du Louvre

L’histoire commence avec Pierre de Bérulle, futur cardinal, qui fonde en 1611 la Congrégation de l’Oratoire de Jésus. Cette communauté de prêtres, inspirée de l’Oratoire créé par Philippe Néri à Rome, participe au mouvement de réforme catholique qui traverse la France après les guerres de Religion. En janvier 1616, Bérulle et ses compagnons achètent à la duchesse de Guise l’ancien hôtel du Bouchage, situé à proximité du palais du Louvre, afin de se rapprocher de la Cour.

Temple protestant de l’Oratoire du Louvre. DR

Une première chapelle est alors aménagée dans les bâtiments de l’hôtel et ouverte au culte dès 1616, mais sa petite taille devient rapidement insuffisante. Cinq ans plus tard, Bérulle décide alors de construire une véritable église en passant commande aux architectes Clément Métezeau et Jacques Lemercier. En 1623, un événement vient renforcer le lien avec la monarchie : à la demande de Louis XIII, l’église devient chapelle royale et les Oratoriens sont chargés d’assurer le service religieux lié au Louvre.

Une église royale au centre de Paris

La proximité avec le palais du Louvre va donner à l’Oratoire une place particulière dans la vie religieuse de la monarchie. Le bâtiment est conçu en tenant compte du projet d’agrandissement du Louvre : selon l’histoire de l’édifice, son orientation devait notamment permettre à son axe de se prolonger vers le centre du palais. Mais le chantier, long et mouvementé, est finalement interrompu au XVIIe siècle jusqu’en 1740, année de reprise des travaux avant la consécration de l’église dix ans plus tard.

Temple protestant de l’Oratoire du Louvre. DR

Pendant près de deux siècles, l’église est également un lieu de cérémonies prestigieuses : elle accueille notamment les funérailles du cardinal de Richelieu, de Louis XIII, d’Anne d’Autriche et de Marie-Thérèse d’Autriche, et les prédications de Bossuet, Bourdaloue ou Massillon. Au-delà d’une simple chapelle, l’édifice devient donc un lieu important de la monarchie française.

De chapelle catholique à temple protestant

La Révolution française est passée par là, et conduit à la dissolution de la congrégation de l’Oratoire en 1792. Près de deux décennies plus tard, le bâtiment change radicalement d’identité : le 4 février 1811, Napoléon Ier l’affecte au culte protestant. La première cérémonie y est donnée le 31 mars de la même année. Depuis, l’Oratoire est demeuré un lieu majeur du protestantisme réformé à Paris.

Temple protestant de l’Oratoire du Louvre. DR

Ce changement d’usage n’a toutefois pas effacé les traces de l’ancienne église catholique. L’architecture demeure largement intacte, tandis que l’intérieur est progressivement adapté aux besoins du culte réformé : certaines chapelles sont transformées, des tribunes en bois sont installées et le mobilier est simplifié. Situé à deux pas du musée du Louvre, l’Oratoire du Louvre appartient désormais à la Ville de Paris, qui en est propriétaire depuis 1848, et est classé au titre des monuments historiques.

Temple protestant de l’Oratoire du Louvre
Lieu : 145 rue Saint-Honoré, 75001 Paris
Horaires : Ouvert au public le dimanche, 9h30-11h30. Fermé du lundi au samedi.
Accès : Entrée libre aux horaires d’ouverture

À lire également : Dans le Marais, l’une des plus anciennes églises de Paris abrite de curieux vitraux

Rédactrice
En écrivant sur l'actualité des musées, galeries, cinémas ou librairies, j'ai à cœur de partager un regard sincère tout en défendant des lieux indépendants.