Peu de gens le savent, mais la France abrite le plus grand musée de la fève d’Europe

Musée des fèves

Quand on pense musée, on imagine souvent des tableaux, des statues ou des vestiges antiques. Mais à Blain, en Loire-Atlantique, ce sont de toutes petites œuvres d’art qui attirent les curieux : des fèves. Ces mini-figurines que l’on espère secrètement découvrir dans sa part de galette à la frangipane pour devenir roi ou reine ! Un musée des fèves donc, qui ravira aussi bien les fabophiles (les collectionneurs passionnés) que les petits curieux. Et pas n’importe lesquelles : le plus grand musée de la fève de France, et même d’Europe, se cache ici, à deux pas de Nantes.

La naissance d’un musée pas comme les autres

Installé depuis le début des années 1990 au premier étage de l’office de tourisme de Blain, le musée de la fève est né presque par hasard, à la suite d’une simple exposition temporaire d’environ 200 pièces… avant de devenir une référence incontournable. Aujourd’hui, il abrite des dizaines de milliers de fèves, dont près de 10 000 exposées, retraçant toute l’histoire de cette tradition, depuis ses origines jusqu’à nos galettes contemporaines. Car avant d’être une figurine en porcelaine, la fève était à l’origine un simple haricot, symbole de fécondité, qui a évolué au fil des décennies : en porcelaine entre la fin du XIXᵉ siècle et les années 1930, en plastique dans les années 1950 et 1960, puis en métal doré ou en pâte de verre dans les années 1990, avant que la céramique, aujourd’hui largement dominante et majoritairement fabriquée en Chine, ne s’impose. Le joyau de la collection reste toutefois le don exceptionnel réalisé en 2008 par Nicole Riffet, une collectionneuse parisienne sans héritiers, qui a offert au musée 2 033 fèves anciennes, dont certaines datant du XIXᵉ siècle et estimées à près de 150 000 euros, avec des pièces pouvant atteindre 2 000 à 3 000 euros l’unité, à l’image d’une rarissime fève en porcelaine de Saxe. Un trésor miniature qui fait de Blain le seul musée en France à posséder une collection d’une telle ampleur et, par extension, le plus grand musée de la fève d’Europe.

Musée des fèves
Musée des fèves, ©adobestock

De Tintin à François Hollande : la fève pop culture

Mais le musée de la fève ne se limite pas aux pièces anciennes et patrimoniales. Il fait aussi la part belle à des séries plus récentes et résolument ludiques, allant de Tintin et Milou à l’univers de Walt Disney, en passant par la Coupe du monde de football 1998, les joueurs du FC Nantes ou encore des fèves politiques imaginées par un pâtissier blinois, avec notamment le scooter de François Hollande, le karcher de Nicolas Sarkozy ou les diamants de Bokassa version Valéry Giscard d’Estaing, preuve que la fève sait aussi se faire impertinente. Depuis que l’entrée est devenue gratuite, le musée séduit un public toujours plus large et accueille environ 2 500 visiteurs par an, avec un pic de fréquentation au moment de l’Épiphanie, attirant aussi bien des familles et des scolaires que des passionnés au nom savant : les fabophiles, collectionneurs avertis de ces petites figurines. Et avec près de 20 millions de galettes dégustées chaque année en France, la fève semble avoir encore de très beaux jours devant elle.

Collection de fèves, Musée des fèves; Blain
Collection de fèves, Musée des fèves; Blain ©Radio France – Marius Delaunay

Le plus grand musée de la fève de France et même d’Europe

Un trésor miniature qui fait de Blain une référence unique en France et, par extension, en Europe. Car si des collectionneurs privés détiennent parfois des ensembles impressionnants, aucun autre lieu ne retrace avec autant de précision et de richesse l’histoire complète de cette tradition emblématique de l’Épiphanie. Une singularité qui attire chaque année curieux, passionnés et fabophiles, confirmant le statut unique de ce musée aussi insolite que patrimonial.

Musée de la Fève et traditions populaires
2 Place Jean Guihard, 44130 Blain
Entrée gratuite
Ouvert toute l’année, du mardi au samedi.

Rédacteur
Touche-à-tout passionné, on peut aussi bien le croiser dans la fosse d’un concert qu’au détour d’une exposition ou au balcon d’un théâtre.