
Dans le métro parisien, certaines stations portent des noms liés à un monument, un évènement historique ou encore une personnalité. Mais d’autres cachent des histoires (et légendes !) bien plus surprenantes. C’est le cas de la station Picpus, sur la ligne 6, dont le nom intrigue depuis des siècles.
Une station de métro singulière
La station Picpus figure parmi les plus singulières du réseau parisien par l’histoire de son nom. Elle permet aussi aux voyageurs d’admirer un vestige précieux : un édicule Art nouveau signé Hector Guimard, classé monument historique, et qui marque son entrée. Les édicules sont de petites constructions d’agrément dans l’espace public urbain, comme les fontaines de rue, les colonnes Morris, les kiosques à journaux ou encore les bouches de métro couvertes, etc.

Il faut remonter au milieu du XVIe siècle pour aller se frotter à l’étonnante légende qui entoure le nom de cette station de métro de la ligne 6. À cette époque, un petit village installé à l’est de Paris, dans l’actuel quartier de Picpus, dans le 12e arrondissement, est frappé par une mystérieuse épidémie. Femmes et enfants voient apparaître sur leurs mains de petites tumeurs rouges et blanches, semblables à des piqûres de moustiques ou de puces. Les démangeaisons, terribles, rendent la vie quotidienne presque insupportable.
Picpus et sa légende
C’est alors qu’un moine du couvent de Franconville, passé par l’abbaye de Chelles, décide de s’installer dans ce hameau encore sans nom. Constatant le mal étrange qui ronge la population, il tente un remède simple : un onguent parfumé appliqué sur les plaies. Contre toute attente, dès le lendemain, les malades sont soulagés. On crie au miracle, mais le religieux précise aussitôt que son remède n’a rien de divin : il s’agit tout simplement d’une pommade anti-puces.

Le religieux est rapidement surnommé « Pique-Puce » par les habitants ! Plusieurs moines le rejoignent quelques années plus tard et fondent un monastère auquel ils donnent alors le même nom ! C’est ensuite le hameau tout entier qui finit par être nommé « Pique-Puce », puis tout le quartier de l’actuel 12e arrondissement, puis le boulevard, et enfin… la station de métro ouverte en 1909 ! Avec le temps et les usages, l’orthographe de ce qui n’était au départ qu’un surnom s’est transformée en « Picpus ».

Certains linguistes, pourtant, avancent une autre hypothèse. En effet, ces derniers voient dans « Picpus » une contraction latine de pic (pente) et pud/pod (pied ou colline) évoquant une pente ou un relief. Une explication beaucoup moins amusante que la légende du moine guérisseur, c’est certain, qui reste quant à elle la plus populaire !
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Image en Une : Station de métro Paris_quartier Latin © AdobeStock_Ralf
Mélina Hoffmann

