À 30 min de Lille le paradis des femmes au Moyen Âge était dans ces maisons classées à l’UNESCO

Courtrai, béguinage © @bobjavi

C’est en Flandre occidentale, à seulement 30 minutes de Lille, que l’incroyable ville médiévale de Courtrai recèle de trésors. L’histoire nous l’indique rarement, mais le Moyen Âge garde bon nombre de secrets positifs concernant le sujet de la liberté de la femme. Aussi, préparez-vous à apprendre des faits incroyables, et à arpenter une ville belge au patrimoine riche, devenue incontournable.

À 30 min de Lille

La ville fortifiée médiévale de Courtrai est l’une des plus anciennes villes de Belgique. Au Moyen Âge, Courtrai était célèbre pour l’industrie du lin : il s’agissait d’une ville où les échanges multiculturels battaient déjà leur plein. Aussi, vous permettre une balade aux bords des quais traversés par la Lys sera un parfait avant-goût de l’ambiance pédestre, bucolique et chaleureuse qu’offre Courtrai. Par ailleurs, nous vous encourageons vivement à découvrir Texture, le musée du Lin et du textile.

Puis, il sera temps d’aller découvrir CE lieu unique, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO : le béguinage de Courtrai. Ce site, classé depuis 1998 et datant du XIIIe siècle, vous envoûtera par sa beauté rustique et sa conservation. De sa cour intérieure jusqu’à sa magnifique chapelle, le béguinage est un musée à ciel ouvert, où l’on retrouve également un musée interactif ! En faisant un tour au cœur de l’office de tourisme, vous pourrez également découvrir le béguinage avec des audioguides. C’est ici que se trouvait ce fameux « paradis des femmes »…   Et il faut l’apprendre pour le croire !

Courtrai, béguinage et roseraie © @bobjavi et @kristelvanlook
Courtrai, béguinage et roseraie © @bobjavi et @kristelvanlook

Le paradis des femmes classé à l’UNESCO

Il se peut que vous appreniez le terme « béguinage » aujourd’hui même. Cela s’explique par le fait que l’on en trouvait plus particulièrement en Flandre, aux Pays-Bas, en Allemagne, et en Suisse. L’histoire raconte néanmoins que certains béguinages se trouvaient dans le Nord de la France (Lille, Valenciennes, Cambrai). Or, puisque le temps et les guerres ont fait leur œuvre, c’est finalement la Belgique qui garde les béguinages les mieux conservés : avec 13 d’entre eux classés à l’UNESCO ! C’est dire leur importance.

Les béguinages étaient destinés aux béguines. Des femmes pieuses, mais non considérées comme religieuses (car elles n’étaient pas soumises à des vœux définitifs). Elles faisaient partie d’un ordre à part, n’étaient pas mariées, et étaient indépendantes. Lorsque l’on sait qu’elles ont existé au Moyen Âge, cela les rend presque anachroniques, et c’est bien cela qui rend l’existence des béguines d’autant plus remarquable. Au cœur des béguinages, les béguines profitaient d’une autonomie financière, d’une vie communautaire choisie, et donc, d’une véritable liberté.

Courtrai, béguinage © @afadingsummer
Courtrai, béguinage © @afadingsummer

Le béguinage de Courtrai démontre donc cet objectif : on y trouve une chapelle, des parties communes, sans pour autant que le lieu ne soit cloîtré. Les béguines profitaient, en plus, d’une réelle ouverture au monde. Cela allait de soi : elles pouvaient sortir et entrer librement, sans horaires. Les béguines pouvaient d’ailleurs choisir de partir du béguinage et de se marier, si tel était leur souhait (bien que cela engendrait une perte de liberté, selon les principes de l’époque).

Bien évidemment, les béguines travaillaient. Tissage, dentelle, soins aux malades, enseignement ou encore gestion économique… Tout était à leur portée ! Nous avons encore plus fort, pour l’époque :  certaines béguines savaient lire et écrire, ce qui était très rare !

Vous vous en doutez, que ce soit en Belgique, dans le Nord de la France et ailleurs, les béguinages et les béguines étaient vus d’un mauvais œil. Parfois, on les accusait d’hérésie et elles étaient persécutées pour ce qu’elles représentaient. Toutefois, si on parle encore aujourd’hui des béguines, c’est qu’elles ont réussi à changer l’histoire, ne serait-ce qu’à petite échelle !

Courtrai, tour du Broel © @tommy_i_p_f et @francois_lille_maurice
Courtrai, tour du Broel © @tommy_i_p_f et @francois_lille_maurice

Maisons, vestiges & Moyen Âge 

Suivant la découverte du béguinage de Courtrai, nous vous encourageons à découvrir les autres monuments historiques de la ville ! À ce titre, les Tour du Broel incarnent un véritable symbole pour la ville. Autrefois, ces tours imposantes faisaient partie intégrante d’un pont fortifié qui contrôlait l’entrée de Courtrai par la Lys. Les Tour du Broel ont survécu aux guerres et aux réaménagements urbains. La plus vieille tour (celle du Sud) est nommée Speyentoren et a été construite en 1385. La seconde (celle du Nord) a été érigée en 1415 et se nomme Inghelburgtoren. Concernant l’enceinte médiévale de Courtrai, c’est malheureusement par une décision de Louis XIV qu’elle a été détruite.

Courtrai roseraie © @kristelvanlook
Courtrai roseraie © @kristelvanlook

Afin de terminer en beauté vos découvertes historiques, nous vous recommandons – si la saison le permet – d’aller admirer la roseraie internationale de Courtrai. Cette étendue bucolique et verdoyante existe depuis plus de 175 ans et s’étend sur plus de 3 hectares. En plus de préserver plusieurs arbres remarquables, vous pourrez y admirer plus d’une centaine d’espèces de roses, plantées ici depuis 1959 ! La roseraie internationale de Courtrai vous permettra de vivre une pause enchantée, et bien méritée.

 

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Courtrai, Belgique

Photo à la une : Courtrai, béguinage © @bobjavi

Rédactrice
Mes écrits révèlent mes passions, aussi brûlantes que mon imagination. Je rêve d'architecture, d'art naïf, de nature, d'histoires oubliées, de l'Île-de-France et ses secrets.