
Difficile de se promener à Lyon sans n’avoir jamais entendu parler des canuts ! Mais qui étaient-ils vraiment ? Et pourquoi les nommait-on ainsi ?
Le vestige des immeubles canuts
Lyon est une ville à deux collines qui s’opposent : la colline de Fourvière, connue comme « la colline qui prie », et la colline de la Croix-Rousse, connue comme « la colline qui travaille ». Si elle s’est gentrifiée, cette dernière reste associée à son passé ouvrier, celui des canuts. Cela se remarque à l’architecture de ses immeubles, abritant autrefois les ateliers de confection de soie. Ceux-ci sont alors reconnaissables à leurs plafonds hauts composés de poutres apparentes, avec quelques fois des mezzanines.

Des ouvriers emblématiques de Lyon
Mais qui étaient ces canuts ? Il s’agissait de tisserands de la soie, principalement dans le quartier de la Croix-Rousse au XIXe siècle. Ceux-ci travaillaient à l’aide de grands métiers à tisser, qui nécessitaient donc des appartements-ateliers aux plafonds hauts. C’est en 1786 que le terme apparaît pour la première fois dans la Complainte écrite lors d’une révolte des travailleurs : « La frayeur saisit les esprits des canuts, dont le chef est pris ».

Plusieurs hypothèses existent pour expliquer son étymologie. Certains historiens l’expliquent par la contraction de l’expression « voici les cannes nues ! », les cannes sans accessoire étant considérées comme un signe de pauvreté. D’autres y voient une origine italienne, provenant du mont « canuto » signifiant « chenu ». Cela pourrait aussi provenir de la canette, dévidoir à fil utilisé par les ouvriers sur leur métier à tisser.
Des révoltes au XIXe siècle
Si les canuts ont marqué les esprits au-delà de la ville de Lyon, c’est pour les nombreuses révoltes qu’ils ont menées au cours du XIXe siècle. Indignés par leurs conditions de travail difficiles, ces ouvriers ont protesté à plusieurs reprises, occupant les rues de la Croix-Rousse et se faisant réprimer par les troupes du roi Louis-Philippe Ier. Leurs actions vont s’inscrire comme l’un des grands mouvements sociaux de l’époque, inspirant des intellectuels comme Karl Marx ou Proudhon.

À lire également : Savez-vous que la ville de Lyon possède sa propre monnaie ?
Photo : Mur des Canuts, détails © AdobeStock