
Saviez-vous que Lyon fait partie du cercle très fermé des villes classées au Patrimoine mondial de l’UNESCO ? On la connaît pour ses bouchons, ses traboules, sa gastronomie, et ses quartiers aussi vivants que charmants, mais depuis 1998, 427 hectares de la ville, soit environ 10 % de son territoire, sont inscrits sur la prestigieuse liste, complétés par une zone tampon de 323 hectares destinée à préserver les abords du site.
Comment Lyon est-elle entrée à l’UNESCO ?
L’aventure commence au pied de la colline de Fourvière, au milieu des années 60. Le Vieux-Lyon ne brille pas comme aujourd’hui, le quartier est triste et peu entretenu. Louis Pradel, maire de l’époque, souhaite transformer le quartier et envisage notamment d’y faire passer une voie rapide. Un couple s’y oppose : Annie et Régis Neyret, avec l’association « La Renaissance du Vieux-Lyon ».

Alors que le couple fait des pieds et des mains pour protéger le quartier, le Vieux-Lyon devient finalement en 1962 le premier secteur sauvegardé de France, sous l’impulsion d’André Malraux. Il bénéficiera par la suite de la protection du patrimoine historique en 1964. Sous Raymond Barre, maire de Lyon, et alors que la restauration du patrimoine ayant pour objectif de faire rayonner la ville prend son temps, émerge l’idée d’une demande d’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO…
Un site, quatre quartiers, 2 000 ans d’Histoire
Si l’ambition originelle concernait le Vieux-Lyon, le périmètre va finalement atteindre 427 hectares : la colline de Fourvière, la colline de la Croix-Rousse, la Presqu’île et le Vieux-Lyon. Car la particularité de Lyon est de s’être étendue vers l’Est, et toujours en préservant la richesse de ses quartiers et de ses monuments. Si d’autres villes détruisent leur centre pour y construire une architecture nouvelle, le seul déplacement du centre de gravité de Lyon a permis de conserver et de rendre visible son Histoire.

En se postant, par exemple, du haut de Fourvière, on peut observer ces 2 000 ans d’Histoire, à travers son tissu urbain et les nombreux bâtiments historiques. Toutes les étapes de développement de la ville peuvent encore être admirées aujourd’hui : des vestiges romains aux ruelles médiévales de Fourvière, jusqu’aux traboules du Vieux-Lyon, aux appartements des canuts à la Croix-Rousse, en passant par l’architecture classique de la Presqu’île. Ce que l’organisme qualifie de « valeur universelle exceptionnelle », et qui vaudra son inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO le 5 décembre 1998.
Et pour les Lyonnais, ça change quoi ?
Cette reconnaissance UNESCO ne fige pas la ville sous cloche : 162 édifices sont classés et 60 000 habitants vivent aujourd’hui dans le périmètre protégé, qui reste un quartier bien vivant plutôt qu’un musée à ciel ouvert.

Mais le périmètre historique inscrit à l’UNESCO est encadré par différents outils juridiques et réglementaires, notamment les Sites Patrimoniaux Remarquables (SPR) et le Plan Local d’Urbanisme et de l’Habitat (PLU-H) de la Métropole de Lyon, qui doivent être pris en compte avant toute modification du bâti.
Ce classement nous rappelle qu’à Lyon, cette histoire n’est pas seulement derrière nous. Elle fait partie de la ville que l’on habite, aujourd’hui et demain !
Photo en Une : Gaël Fontaine