
Paris perd une de ses plus belles couleurs. Faute de moyens humains et financiers, l’association Droit à la Culture a annoncé, dans un communiqué publié le 23 octobre 2025, la fin du Carnaval de Paris et du Carnaval des femmes, ces deux événements qui animaient la capitale depuis des décennies. Une nouvelle qui, discrète dans sa communication, signe pourtant en 2026, la fin d’un rendez-vous culturel majeur de la vie parisienne.
Pourquoi pas de carnaval cette année ?
« Chers participants, amis du Carnaval de Paris et du Carnaval des femmes, c’est avec un profond regret que je vous annonce… », confie Ilham Mouhid, présidente des deux carnavals. La décision, explique-t-elle, est motivée par le manque de moyens humains, financiers et de bénévoles, rendant impossible l’organisation en toute sécurité de ces parades festives. « Nous comprenons que cette nouvelle sera accueillie avec déception par beaucoup d’entre vous, et nous partageons votre tristesse. Votre passion et votre engagement ont été essentiels à la vie de cet événement », poursuit-elle, dans un message empreint d’émotion.

Un carnaval historique
La tradition du carnaval à Paris remonte au XVe siècle, succédant à la fameuse Fête des Fous. Mais le Carnaval de Paris, tel qu’on le connaît aujourd’hui, a été relancé en 1998 grâce à l’artiste Basile Pachkoff et à l’association Droit à la Culture, fondée par Alain Riou, après une absence de 46 ans. Depuis, le cortège coloré et animé du Carnaval de Paris, suivi par celui des femmes (créé en 2008 et aussi appelé Fête des Blanchisseuses), illuminait chaque année les rues de la capitale début mars, attirant Parisiens pur jus et touristes émerveillés. Après 28 éditions vibrantes, cette tradition s’éteint. Pour 2026, aucune parade ne défilera sur les boulevards parisiens. Une page de la culture festive parisienne se tourne.

Une pétition pour sauver les deux carnavals
L’association cite un manque de subventions, la rareté des bénévoles et la difficulté d’assurer la sécurité des participants comme raisons principales de l’arrêt des deux carnavals. Un coup dur pour les habitants et les amateurs de costumes, de musique et de confettis qui voyaient en ces événements un moment de liberté et de partage. Face à cette décision, certains ont lancé une pétition en ligne, appelant la mairie de Paris à intervenir et à permettre la tenue de ces deux carnavals historiques. « Imaginez la déception des milliers de participants et spectateurs… Cela aurait un impact sur le tourisme et la vie culturelle locale », soulignent les initiateurs. Pour l’instant, seuls 61 signataires ont rejoint l’appel, mais l’espoir d’un miracle persiste.

Alors que les rues de Paris se préparaient chaque année à se transformer en un véritable arc-en-ciel de costumes, musiques et danses, la capitale devra désormais dire adieu à l’un de ses événements les plus festifs et populaires. Une triste nouvelle qui rappelle combien la culture vivante et participative dépend de moyens concrets pour perdurer.