
Depuis février 2026, la façade principale de l’église de la Sainte-Trinité (9ème arrondissement de Paris) se libère peu à peu des échafaudages qui l’enserraient depuis 2018. Pour les Parisiens et les passants de la place d’Estienne d’Orves, c’est un véritable enchantement : l’édifice monumental de 67 mètres de haut renaît enfin dans le ciel parisien. Majestueuse et immaculée, la façade attire tous les regards : retour sur ce chantier qui dure depuis 8 ans !
Un chantier hors-norme
Ce projet colossal, le plus important de la mandature parisienne, mobilise 26 millions d’euros et vise à restaurer intégralement la façade de l’église. L’objectif : nettoyer les pierres, remplacer celles abîmées, restaurer les sculptures et rénover les éléments décoratifs jusqu’aux laves émaillées au-dessus des portes et aux cadrans de l’horloge. Même le campanile, les tours-lanternes et les escaliers n’ont pas été oubliés. Si quelques échafaudages subsistent encore au niveau du porche, l’essentiel de la façade resplendit désormais, blanche et ciselée, attirant tous les regards.

Les étapes marquantes du chantier
Le chantier de restauration de l’église de la Sainte-Trinité a été ponctué d’étapes spectaculaires et minutieusement préparées. Dès le début des travaux, une étude approfondie a permis d’examiner de près chaque pierre grâce à l’immense échafaudage, offrant une précision impossible avec un drone ou un appareil photo, comme le souligne Valentina Mochi, architecte de l’agence Brunelle. Parmi les moments forts, on retiendra notamment le repositionnement, en février-mars 2024, des quatre statues monumentales des évangélistes, hautes de 2,8 mètres, à 40 mètres de hauteur, suivi, en mars 2025, du grutage de nouvelles statues et de la repose de blocs de pierre de grande dimension sur la corniche, sous le regard émerveillé des passants. L’église elle-même, construite entre 1861 et 1867 par l’architecte Théodore Ballu, a toujours été fragile : une première grande restauration a eu lieu dès 1882, suivie de travaux entre 1921 et 1924 pour remplacer des statues et reboucher des fissures au ciment métallique, puis d’une consolidation du campanile de 1979 à 1985 avec l’insertion de chaînages en béton armé. Ces interventions ponctuelles n’ayant jamais suffi à stabiliser durablement l’édifice, le chantier de 2018 a été lancé sur trois grandes phases : d’abord le campanile, les tours-lanternes, le mur pignon de la nef et les toitures de la terrasse ; ensuite le massif sud, du sol à la terrasse ; et enfin le porche, le perron et les escaliers avec leurs balustrades, pour redonner à l’église toute sa splendeur.

Après 8 ans sous échafaudage, la façade se dévoile
Ce mardi, à 17 heures, le rideau est tombé. Les passants et les terrasses en plein service ont découvert une façade éclatante, débarrassée de ses bâches et tubes métalliques. « C’est exactement comme un rideau de scène », sourit Karen Taïeb, adjointe à la maire de Paris en charge du patrimoine. Pour les commerçants et les habitants du quartier, la différence est flagrante. « Mais qu’elle est belle ! La façade attire l’œil, les gens s’arrêtent et prennent des photos ».

Une dernière étape avant la fin du chantier
Il reste encore la restauration du porche et des escaliers, estimée à 1,6 million d’euros, pour compléter la troisième phase. La fin complète du chantier est prévue pour fin 2026, voire début 2027. Depuis 2018, près de 40 édifices patrimoniaux ont été restaurés à Paris. Karen Taïeb, adjointe à la maire de Paris en charge du patrimoine conclut : « Le patrimoine, c’est du temps long. Les projets sont votés et financés, ils continueront. » Nous voilà rassurés ! Les marteaux-piqueurs et les échafaudages ont encore de beaux jours devant eux !
Photo de couverture : ©Jean-Baptiste Gurliat / Ville de Paris