
Depuis quelques jours, une nouvelle silhouette intrigue les passants place de la Concorde. Entièrement en bois, elle s’intègre parfaitement au milieu de ses voisines de pierre et de fer : la tour Effeil et l’obélisque de la Concorde. Mais contrairement à elles, elle ne restera là qu’un mois, du 12 septembre au 12 octobre, à l’occasion de la 3e édition du festival Photoclimat. Tout autour, des photographies engagées transforment la place en galerie à ciel ouvert. On s’y est rendu pour vous : on vous raconte !
Une tour éphémère au cœur de la place de la Concorde

Baptisée “Concordia”, cette nouvelle installation en bois semble s’élever vers le ciel avec légèreté. C’est d’ailleurs l’effet recherché par son architecte, Arhur Mamou-Mani, qui l’a imaginée comme une structure à deux ailes, encadrant la colonne depuis une certaine perspective. Les visiteurs peuvent s’asseoir à sa base, sur de simples rondins de bois, pour profiter de ce point de rencontre inattendu entre nature et ville. Mais inutile de trop s’attacher ! Installée dans le cadre du festival Photoclimat, Paris n’est qu’une étape dans le voyage de Concordia : dans quelques semaines, elle quittera la capitale pour rejoindre le sud de la France, où elle deviendra… un observatoire à oiseaux ! Une jolie reconversion, parfaitement en phase avec les réflexions environnementales qui rythmeront ce festival, mais aussi avec le projet initial de l’architecte qui avait envisagé la structure ailée bien avant de penser à cette future fonction.
Une exposition temporaire sur la place

Tout autour de cette grande structure, la place s’organise en véritable galerie en plein air : sur des panneaux en bois se découvrent des photographies d’artistes contemporains, chacun mettant en lumière des enjeux sociétaux différents, aux quatre coins du monde. A découvrir gratuitement et en accès libre, ces œuvres interpellent autant par l’importance des sujets traités que par leur pure qualité artistique. Sur place, certaines nous ont particulièrement marqués : parmi elles, la série de James Mollison, photographe engagé dans la défense des droits de l’enfant, qui a fait le choix de capturer les chambres d’enfants à travers le monde. Lieu intime et espace d’imagination par excellence, la chambre devient un miroir saisissant des inégalités sociales et culturelles. Autre œuvre forte : “Résonances”, une installation circulaire où douze portraits -six personnes réfugiées et six autres, se surpersosent et se confondent par un effet visuel au fur et à mesure que nous avançons, effaçant les frontières et reliant ainsi les histoires avec génie.

Un parcours photo dans tout Paris

Mais Photoclimat ne se limite pas à la place de la Concorde. Le festival, pensé comme un véritable parcours, déploie ses installations dans plusieurs lieux de la capitale. Alors prochaine étape sur notre trajet : les quais de seine (avec 3 spots différents), mais aussi l’Académie du Climat. Au total, 44 artistes (22 hommes et 22 femmes) y présentent leur travaux, explorant des thèmes variés : changement climatique, justice sociale, précarité en France, question de l’exil, guerres… En transformant ces espaces en musées à ciel ouvert, Photoclimat réussit le pari de mêler découverte artistique et réflexion, tout en mettant en valeur le travail des ONG et fondations sur un panel de sujets très large.
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Installation Concordia, Place de la Concorde © Claire Arnous Paris Zigzag
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