
Le 10 juillet dernier, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi qui va bouleverser les élections municipales à Paris, mais aussi à Lyon et Marseille. Portée par le parti Renaissance, cette réforme du mode d’élection des conseillers municipaux a été validée malgré un rejet du Sénat et plus d’un an de débats houleux au Parlement. Le texte pourrait encore être retoqué par le Conseil constitutionnel, saisi par les députés écologistes et socialistes. Mais s’il est maintenu, les électeurs devront changer leurs habitudes au bureau de vote, dès 2026 ! On vous explique à quoi vous attendre, pour ne pas être perdus devant les (deux) urnes…
Qu’est-ce qui va changer concrètement ?
À partir de 2026, et pour les élections du printemps prochain, il faudra être un peu plus concentré dans l’isoloir : les électeurs de Paris, Lyon et Marseille ne glisseront plus une, mais deux enveloppes dans l’urne. Deux scrutins auront lieu le même jour : l’un pour élire les conseillers d’arrondissement, l’autre pour désigner les membres du conseil municipal, sur une circonscription unique. Là se trouve le changement majeur apporté par cette réforme : jusqu’ici, et selon le système hérité de la loi « PLM » de 1982, on votait uniquement par arrondissement ou secteur pour élire les représentants locaux. Les têtes de listes élues dans chaque arrondissement rentraient alors au conseil municipal, qui élisait à son tour le maire de la ville. Désormais, les habitants voteront eux-mêmes pour les membres du conseil municipal.
✅🏛️ Municipales : l’Assemblée nationale a définitivement adopté la réforme du mode de scrutin pour les élections municipales à Paris, Lyon et Marseille. Les députés ont approuvé le texte par 112 voix contre 28. #DirectAN pic.twitter.com/jXTmjk6ZZm
— LCP (@LCP) July 10, 2025
Un changement au cœur de nombreux débats
Avec ce projet, les défenseurs du texte entendent remplacer la loi de 1982 par un mode de scrutin moins opaque et plus direct. Objectif : revenir au principe du « un électeur, une voix », comme dans le reste des communes françaises. Le texte entend donc donner plus de pouvoir direct aux électeurs, et éviter qu’un maire soit élu sans avoir rassemblé une majorité de voix à l’échelle de la ville. Autre changement important, si la loi n’est pas censurée par le Conseil constitutionnel : la prime majoritaire accordée à la liste arrivée en tête passera de 50 % à 25 %. En clair, le gagnant obtiendra moins de sièges d’office, ce qui laissera davantage de place à l’opposition dans le conseil municipal. Mais les critiques sont nombreuses et fusent du côté des communistes, de certains socialistes, des écologistes, mais aussi d’Horizons ou de Liot. Un reproche tient au calendrier, car faire passer une réforme aussi structurante à moins d’un an des élections est jugé précipité. D’autres dénoncent le risque que certains arrondissement ne soient plus assez représentés dans la liste municipale. Une affaire à suivre de près !
Image à la une
Vote dans une urne © Adobe Stock
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