
Pendant des années, le projet devait voir le jour à Suresnes. Finalement, c’est au cœur de Paris, dans le 13e arrondissement, qu’il va prendre forme. Une ancienne caserne, longtemps partiellement désaffectée, s’apprête à changer radicalement de vocation pour devenir le futur Musée-mémorial du terrorisme. Un lieu chargé d’histoire militaire qui s’apprête désormais à accueillir un espace de mémoire, de transmission et de recueillement, dix ans après les attentats du 13 novembre 2015.
Un musée pour comprendre et transmettre
Le Musée-mémorial du terrorisme n’a jamais été pensé comme un simple lieu d’exposition. Il s’inscrit dans cette nouvelle génération de musées qui interrogent notre époque, nos blessures collectives et la façon dont une société affronte la violence. Sa mission est double : rendre hommage aux victimes et éclairer un phénomène encore mal compris, à travers l’histoire, la justice, la mémoire et les récits humains.

Déjà, près de 2 500 objets composent ses collections : scellés judiciaires, dons de proches de victimes, œuvres artistiques… Le futur parcours s’articulera autour de trois grandes thématiques : l’histoire du terrorisme depuis le XIXe siècle, la place des victimes dans l’espace public et judiciaire, et les réponses des sociétés face à ces chocs. Le tout dans une scénographie volontairement sobre, sensible, sans spectaculaire.
Un projet déjà bien vivant
Avant même son ouverture, prévue en 2030, le musée existe déjà hors de ses murs. En effet, à l’occasion des dix ans du 13 novembre, deux expositions ont déjà marqué les Parisiens. La première, « Face au terrorisme, une mémoire citoyenne », installée devant l’Hôtel de Ville, proposait un parcours autour de la violence, de la résistance et de la résilience. La seconde, « Liberté – Objets – Fraternité », installée à République, exposait des photographies d’objets issus des mémoriaux éphémères, témoins silencieux d’une solidarité toujours palpable.

La dimension pédagogique est également au cœur du projet. Des rencontres sont organisées avec des collégiens et lycéens autour de la mémoire, du vivre-ensemble, de la désinformation ou encore du rôle de la justice. Des survivants, comme Arthur Dénouveaux, rescapé du Bataclan, interviennent directement auprès des élèves. En parallèle, le futur musée s’inscrit dans un réseau international de lieux de mémoire consacrés au terrorisme, avec des échanges réguliers notamment à New York ou à Oslo. Une dimension internationale qui permet de croiser les regards, de partager les expériences et d’inscrire la démarche parisienne dans une mémoire mondiale du terrorisme.
Le futur musée dans le 13e arrondissement
C’est donc dans le 13e arrondissement de la capitale que le Musée-mémorial du terrorisme va s’installer, au sein d’une partie désaffectée de la caserne Lourcine, à la frontière du 5e arrondissement. Un changement majeur par rapport au projet initial de Suresnes. Ce site, partagé avec l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ainsi que des appartements dédiés aux personnels de l’armé, a été retenu pour son accessibilité, son coût d’aménagement plus raisonnable et sa localisation stratégique, au cœur d’un quartier dynamique et culturel.

Ce secteur du sud-est parisien, longtemps industriel, est aujourd’hui en pleine transformation. Le futur musée y trouvera un environnement propice aux échanges et à la transmission. Le bâtiment accueillera expositions permanentes et temporaires, auditorium et espaces de rencontres. L’ouverture est envisagée autour de 2030-2031, mais d’ici là, le musée continuera de se déployer via des expositions itinérantes et des formats immersifs.
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Image en Une : Caserne Lourcine dans le 13e arrondissement de Paris © Chartier Dalix, Lourcine – Takuji Shimmura
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Mélina Hoffmann