
Le solstice d’hiver marque le début des jours qui rallongent, on peut dire qu’on se rapproche (doucement, on vous l’accorde) de l’été, période des longues soirées de fête… La fête, elle, rime souvent avec alcool… mais pas toujours ! Le Badaboum, célèbre club du 11ème arrondissement, a décidé de changer les règles. Le 6 décembre dernier, il organisait sa toute première Sober Party, une soirée clubbing sans alcool, portée par Maxime Musqua, vidéaste et comédien devenu l’un des visages les plus visibles de la sobriété festive en France. On vous fait découvrir ce concept unique à Paris.
Une soirée club sans alcool
« On ne se fout pas de vous », prévient Maxime Musqua. Et ici, le message est clair : pas question d’un événement plan-plan un dimanche après-midi. La Sober Party du Badaboum se tient un samedi soir au cœur de Paris, de 19h à 23h, avec quatre heures de vrai son, un DJ reconnu (Nick V), des danseurs et une ambiance club authentique. Contacté dès l’été par le Badaboum, Maxime Musqua, sobre depuis cinq ans et militant de longue date pour une fête débarrassée de l’alcool, a participé à l’élaboration de cette première édition. « Il manquait encore quelque chose : des soirées qui commencent tôt, avec du vrai son, sans alcool », confie-t-il. À Paris, les initiatives sans alcool se multiplient : brunchs dansants, DJ sets en journée, événements bien-être… mais elles restent quasi inexistantes en club, surtout le samedi soir. Le Badaboum a choisi d’assumer ce retard et de proposer une alternative, juste avant le Dry January, initiative lancée en 2013 pour sensibiliser aux effets de l’alcool sur la santé, de promouvoir des habitudes de consommation plus saines et de permettre à chacun de réévaluer sa relation avec l’alcool après les excès des fêtes de fin d’année.

Le pari audacieux du Badaboum
« Aucun établissement ne proposait vraiment ce type de fête, alors que de plus en plus de gens questionnent leur consommation », souligne Jeanne Boulet, chargée de communication chez Bonjour/Bonsoir, société qui exploite le Badaboum et le Virage. Un pari audacieux, voire risqué économiquement, puisque le bar reste le cœur de revenus d’un club, mais aussi une occasion de réinventer l’offre et la façon de faire la fête. Au comptoir, pas de vodka-tonic ni de pintes classiques, mais une carte travaillée : kombucha, maté, infusions pétillantes, cocktails et bières sans alcool. Le Badaboum n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai : le club a remporté cette année le concours du meilleur cocktail sans alcool de Paris. Résultat ? Un panier moyen plus bas, mais une piste pleine. Près de 200 personnes ont répondu présent pour cette première édition, venues danser sans se faire bousculer, sans verres renversés et sans gueule de bois au réveil.

Quand la musique est bonne, quand elle guide mes pas
Aux platines, Nick V, DJ britannique passé par les raves des années 1990, délivre un set disco-house solaire, prouvant qu’on peut faire vibrer un club sans alcool. Pour lui, boire reste souvent une béquille sociale : « Les gens boivent pour briser la glace, parce qu’ils ne sont pas à l’aise avec leur corps », explique-t-il. Sa solution ? La danse, avec une montée progressive, des endorphines et une transe… entièrement naturelle. Dès 20h, la piste est compacte, énergique et joyeuse : on danse vraiment, et longtemps. Cette Sober Party n’était pas un simple coup de communication ni un événement calé sur le Dry January. « Quand ils m’ont appelé en juillet, je voulais qu’on fasse la soirée le lendemain ! », sourit Maxime Musqua. Mais le temps de la penser, de l’organiser : décembre s’est imposé comme le moment parfait. Le succès de cette première édition donne déjà envie de recommencer, et le Badaboum envisage d’autres soirées de ce type, laissant entrevoir une transformation plus large du clubbing parisien : moins centré sur la bouteille, plus sur la musique, le corps et l’expérience collective. Alors, la fête sans alcool est-elle aussi folle ? À vous de tester !
Badaboum, 2 bis Rue des Taillandiers 75011 Paris
Crédits photo de couverture : © Badaboum