
Elles avaient émergé de la Seine lors de la cérémonie d’ouverture spectaculaire des JO l’an dernier. Un an plus tard, les dix “Femmes en Or” s’installent définitivement à Paris, dans le 18e arrondissement. Ces statues monumentales, représentant des figures féminines marquantes de l’Histoire, vont désormais trôner porte de la Chapelle. Une belle manière de prolonger l’héritage des Jeux Olympiques tout en mettant en lumière des noms souvent oubliés.
Les dix femmes en or élisent domicile dans le 18e

Olympe de Gouges, Simone de Beauvoir, Christine de Pizan, Louise Michel, Gisèle Halimi, Simone Veil, Paulette Nardal, Alice Milliat, Jeanne Barret et Alice Guy… Ces dix femmes, figures illustres de l’histoire féministe, littéraire, scientifique, politique, et culturelle vont désormais trôner porte de la Chapellle (18e) après avoir ébloui les spectateurs de la cérémonie d’ouverture des JO 2024. En septembre dernier, la maire de Paris avait exprimé son souhait de pérenniser leur présence dans la capitale. Quelques mois plus tard, le vœu devient réalité : après un passage par l’Assemblée nationale, les “Femmes en Or” s’installent dans les rues du 18e arrondissement, où elles pourront être admirées de tous.

Depuis vendredi 18 juillet, Gisèle Halimi a déjà pris ses quartiers rue de la Chapelle, juste en face du métro. Ses consœurs la rejoignent peu à peu, puisque l’inauguration officielle est prévue le samedi 26 juillet… soit un an jour pour jour après l’ouverture des Jeux Olympiques. Pour célébrer leur arrivée comme il se doit, des visites guidées gratuites sont organisées le jour J par la mairie du 18e, avec deux départs à 14h et à 16h : l’occasion de découvrir les parcours, combats et accomplissements souvent trop méconnus de ces femmes remarquables.
Féminiser l’espace public

Hautes de quatre mètres, ces statues dorées (en réalité fabriquées en résine polymère renforcée de fibre de verre) en imposent. Par leur taille, certes, mais surtout par ce qu’elles représentent. Si certaines sont bien connues du grand public -comme Simone Veil magistrate et femme politique à l’origine de la loi légalisant l’IVG en 1975, Simone de Beauvoir, autrice du révolutionnaire Deuxième Sexe, ou encore Olympe de Gouges (1748-1793) et sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en 1791-, d’autres noms restent encore méconnus. C’est le cas de Jeanne Barret (1740-1807), première femme à avoir fait le tour du monde, d’Alice Guy (1873-1968), pionnière du cinéma narratif, de Paulette Nardal (1896-1985) figure fondatrice de la Négritude et première étudiante noire à la Sorbonne, de Christine de Pizan (1364-1431) l’une des premières femmes de lettres en Europe, qui défendait dès le Moyen-Âge les capacités intellectuelles et le rôle social des femmes ou encore d’Alice Milliat (1884-1957), pionnière du sport féminin et organisatrice des premiers Jeux olympiques féminins en 1922.

Chacune de ces femmes est représentée avec un attribut symbolique de ses combats : on retrouve Louise Michel vêtue d’une écharpe indiquant “Du pain ou la mort”, Gisèle Halimi dans sa robe d’avocate et Simone de Beauvoir stylo plume en main. L’objectif de cette installation est clair : féminiser l’espace public parisien, où seulement 40 des 300 statues recensées représentent des femmes. Et pour mener cette opération, le choix du lieu n’est pas anodin non plus : les statues prennent place dans la rue de la Chapelle, à proximité de l’Adidas Arena, construite pour les JO dans un quartier transformé à l’occasion (végétalisé et réaménagé pour piétons et cyclistes). Une façon de prolonger l’héritage olympique par un geste mémoriel fort : faire vivre dans l’espace commun celles que l’histoire a trop souvent effacées.
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© Joséphine Brueder / Ville de Paris
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