
Prêts à plonger dans un monde de cristal, où se mêlent sciences occultes et chimie ? Pour ce faire, rendez-vous au cœur de Paris, dans Le Marais. Jusqu’au 5 mars, la galerie Mor Charpentier devient un monde onirique, où les objets du quotidien prennent une dimension mystique, grâce au travail époustouflant de l’artiste Bianca Bondi.
L’onirique Bianca Bondi
La plasticienne italienne et sud-africaine Bianca Bondi est passionnante. Elle est une magicienne, qui manie la nature afin de transformer des espaces et des objets du quotidien. Ses métamorphoses adviennent avec du sel, et s’inspirent de croyances mystiques. Le sel a toujours été une denrée rare, chimique, et souvent utilisé dans des pratiques spirituelles. Bianca Bondi se surnomme « artiste-chamane », et à raison ! Découvrir son monde, c’est plonger au sein de ses croyances et de ses rêves, dans une « aura de bienveillance » qui apaise.
Les moments du quotidien représentés par Bianca Bondi ressemblent aux rêves que l’on fait, et qui se cristallisent dans notre esprit. Si le mysticisme ne vous envoûte pas, l’exposition « A Temporary Shelter for Permanent Conditions », saura vous inspirer. Vous y verrez comment des objets, des plantes, et des souvenirs peuvent être transformés par la simple utilisation du sel.
Bianca Bondi est une artiste reconnue. Elle a déjà reçu plusieurs distinctions institutionnelles. Nous pouvons citer le prix Révélations EMERIGE (2019) ; un prix qui soutient les artistes émergents à fort potentiel. Sa visibilité institutionnelle n’a fait que croître, lorsqu’elle a été nominée au prix Marcel Duchamp : l’un des plus grands prix de référence dans l’art contemporain, qui, depuis l’an 2000, distingue de grandes figures de la scène internationale.

Magie blanche à Paris
La galerie Mor Charpentier s’accorde aux prix qu’a reçus Bianca Bondi, et celui où elle fut nominée. Ici, sont représentés des artistes émergents aux pratiques conceptuelles uniques. L’objectif étant d’exposer des créateurs venant de pays différents, où les réalités sociales éclectiques apportent une identité aux œuvres.

L’art de Bianca Bondi se définit également par la seconde main : meubles et objets chinés en brocantes, coquillages, plantes séchées… L’artiste modifie les espaces en les rendant hybrides et inattendus. Grâce à elle, vous aurez le sentiment d’admirer une poésie autrement qu’à travers des mots. Avec le sel utilisé, vous entrerez au cœur d’un « cercle de protection magique », où tout est possible !
La transformation par le sel
Avec cette expo, l’éphémère et les cycles de la vie sont aussi mis en lumière dans des scènes percutantes. Il s’agit également d’un message écologique et engagé. Bianca Bondi puise quelques-unes de ses inspirations dans l’Arte Povera, un mouvement artistique italien né à la fin des années 60. L’Arte Povera met en avant des matériaux simples, bruts et naturels, comme la terre, les pierres, les végétaux, le feu, la cire. L’idée étant de créer une opposition naturelle à l’art industriel en revenant à la matière vivante. L’importance de la transformation naturelle et la dimension mystique de la matière sont au centre des intentions de l’artiste !
Pour en découvrir davantage sur Bianca Bondi, vous nous conseillons cette interview :
A Temporary Shelter for Permanent Conditions, galerie Mor Charpentier, 18 Rue des Quatre-Fils, 75003 Paris
Arts et Métiers M3 et M11
Photo à la une : Bianca Bondi, a Temporary Shelter for Permanent Conditions © Site officiel Mor Charpentier