
Afin de vous faire découvrir le lien entre le fameux alcool japonais – désormais inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO – et la cuisine française, tout le mois de février, Les Semaines du Saké sont retour à Paris pour leur 5e édition. Et cette année, le saké sort des tables étoilées pour s’inviter dans les bars à vins, avec comme thème : l’umami ! On vous en dit plus sur les adresses participantes et les accords bluffants qu’elles ont créés pour l’occasion…
L’umami à l’honneur
L’umami, c’est la 5ème saveur fondamentale après le sucré, le salé, l’acide et l’amer. C’est cette sensation profonde, douce et enveloppante que l’on ressent face à un bon bouillon longuement mijoté, un fromage bien affiné, ou une sauce réduite à la perfection. Et si le saké en était la clé ? Contrairement au vin, dont la puissance repose sur l’acidité ou les tanins, le saké joue une tout autre partition : il soutient les saveurs, relie les ingrédients entre eux, prolonge la sensation en bouche sans jamais l’écraser. En un mot, il révèle. Et cette qualité tient directement à son mode de fabrication.

Élaboré à partir de trois ingrédients seulement, le riz, l’eau et le kōji, le saké repose sur un processus de fermentation lente et précise, orchestré par les tōji, ces maîtres brasseurs dont le travail suit le rythme des saisons. Récolte du riz en automne, brassage en hiver, dégustation au printemps, maturation en été : chaque cuvée est ainsi le portrait d’un terroir, d’un climat, d’une eau, d’un savoir-faire transmis de génération en génération. Un savoir-faire si précieux que l’UNESCO l’a inscrit en 2024 au Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité.
Japon et France : une évidence gustative
Ce qui rend les Semaines du Saké particulièrement fascinantes, c’est la démonstration qu’elles offrent : l’umami n’est pas une invention japonaise réservée aux sushis. On le retrouve dans les fromages affinés, les tomates mûres, les champignons, les jus corsés et les sauces longuement travaillées : autant de piliers de la gastronomie française. Le saké, naturellement riche en composés umami issus de la fermentation du riz, s’inscrit donc dans un dialogue culturel aussi inattendu qu’évident. Là où le vin tranche, le saké tisse. Là où la cuisine française construit ses sauces dans la durée et la transmission, le saké construit ses arômes dans la patience et la précision. Deux cultures du goût qui, le temps d’un repas, se découvrent une langue commune.

La grande nouveauté de cette édition, c’est l’ouverture aux bars à vins, ces adresses souvent portées par une exigence artisanale forte, un rapport éthique aux producteurs et une clientèle curieuse et ouverte. Dans ces lieux où le vin nature a trouvé sa place, le saké trouve désormais la sienne, naturellement, sans condescendance ni folklorisme. L’idée des Semaines du Saké 2026 est simple et belle : faire de la dégustation non pas une démonstration technique pour initiés, mais une expérience sensible et conviviale, accessible à tous ceux qui aiment simplement bien manger et bien boire !
Expérience saké et bistronomie chez 228 Litres
Parmi les adresses participantes, 228 Litres (3 rue Victor Massé, 75009 Paris) illustre parfaitement l’esprit de cette édition 2026. Ce bar à vins vivant, niché au cœur de Pigalle, est déjà reconnu pour sa cave de plus de 500 références en vins naturels, biologiques et biodynamiques. Mais pour le mois du saké, c’est sa cuisine qui crève l’écran.
Aux fourneaux, Nao et Junha, respectivement japonais et coréen, passés par des maisons comme l’Arpège, la Grenouillère et Abri, proposent une cuisine française d’influence gastronomique, orientée terre/mer, en assiettes à partager. Un profil idéal pour jouer avec les accords saké.

Et le menu du Mois du Saké donne effectivement le vertige : un Kimoto Junmai d’Okayama sur un thon rouge fumé au foin, vinaigrette d’expresso et trévise ; un Tokubetsu Junmai de Tochigi sur lieu jaune, chou pointu, purée de panais et poutargue ; un Junmai de Hyogo à 8° d’alcool sur Beaufort et Ossau-Iraty ; et pour finir, un Umeshu Genshu de Kobe (liqueur de prune) sur un chou Tatin, verveine et sorbet thym citron. Des associations audacieuses, précises, qui prouvent que l’umami n’est pas un concept abstrait : c’est ce frisson en bouche quand un accord tombe juste. Il ne vous reste plus qu’à tenter l’expérience par vous-même pour le ressentir et le comprendre encore mieux !

Les Semaines du Saké
Tout le mois de février 2026
Liste complète des restaurants participants et le calendrier des événements disponibles ici
Suivre l’événement sur Instagram : @sake_sensation_fr
A. C.