
On pense rarement à Paris comme ayant été une ville particulièrement touchée par les catastrophes naturelles. Pourtant, la canicule de 2026 et la crue de 1910 restent des événements qui ont changé l’histoire de la capitale. Mais si ce n’était que ça ! On a déniché des événements beaucoup moins documentés, et d’autres qui font tellement partis du quotidien qu’on ne les cite plus assez. Prêts au voyage dans le temps ?
1-1658 : La crue qui a dépassé celle de 1910
Février 1658 : après un hiver particulièrement rigoureux, le dégel provoque une crue gigantesque. La Seine atteint alors 8.80 mètres de haut au pont de la Tournelle. La fameuse crue de 1910, dont on garde des images choc, est allée jusqu’à 8.62 mètres de haut. Les quelques constats du XVIIe siècle qui ont survécu aux affres du temps évoquent une « catastrophe sans précédent ». Les récits historiques rapportent que des ponts ont été partiellement détruits, avec les maisons qui se trouvaient au-dessus. La DRIEAT (Direction régionale et interdépartementale de l’Environnement, de l’Aménagement et des Transports d’Île-de-France), cite des travaux qui rappellent qu’en 1658, vers Austerlitz, la crue s’élevait à 8.96 mètres de haut ! Parfois, les chiffres diffèrent selon les arrondissements, mais on imagine le traumatisme des Parisiens. À titre de comparaison, un bus de la RATP mesure 3.30 mètres de haut en moyenne, et un immeuble Haussmannien entre 12 et 20 mètres de haut. Alors si la crue de 1658 avait eu lieu en 2026, des rues entières et des premiers étages auraient été submergés !
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2- 1709 : l’ère glaciaire qui a paralysé Paris

6 janvier 1709 : une vague de froid incroyable s’abat sur Paris, et la France. Louis XIV est au pouvoir, et au château de Versailles, les bouteilles de vin gèlent ! La Seine était aussi totalement paralysée, et il était presque impossible de faire un feu, alors que le chauffage tel qu’on le connaît n’existait évidemment pas. Cette vague de froid meurtrière va durer 11 jours, pour des températures négatives comprises entre −15 °C et −25 °C. L’Observatoire de Paris existait déjà à l’époque : les relevés météorologiques ne sont pas des théoriques. Nous pouvons remercier le médecin et botaniste Louis Morin ainsi que le scientifique Philippe de la Hire, qui sont restés dans les annales. Ce froid affreux a dévoré une partie des cultures et des arbres fruitiers. Cela a entraîné une flambée des prix du pain, et dans quelques lieux, des crises : des paysans qui assaillent des carrosses pour quémander de la nourriture. On nommera cela « une crise de subsistance », et aussi « le Grand Hiver » Plusieurs sources affirment qu’il y aurait eu 600 000 morts dans le Royaume de France.
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3-1999 : des rafales à 169 km/h en plein Paris

Cette catastrophe naturelle, beaucoup d’entre vous doivent s’en souvenir ! Elle fait tellement partie des événements de la fin du siècle qu’on peine parfois à la citer, et pourtant. La tempête Lothar a commencé par traverser le nord de la France, et ce, jusqu’à Paris où des rafales ont atteint 169 km/h : donc, la moitié de la vitesse d’un TGV. Météo-France considère Lothar comme LA tempête la plus sévère ayant frappé la France depuis 1980. À Paris, le patrimoine végétal en a pâti : la Ville indique que les bois de Boulogne et de Vincennes sont ravagés au point que leur restauration entraînera ensuite la création de nouveaux plans de gestion arboricole. Les opérations de reconstitution se poursuivront jusqu’en 2020. On compte, au bois de Boulogne, plus de 28000 arbres d’un diamètre supérieur à 17,5 cm mis à terre, soit l’équivalent d’environ 128 hectares détruits. Au bois de Vincennes, 210 hectares d’espaces arborés sont touchés, représentant environ 20 % de sa superficie. D’ailleurs, l’anémomètre installé au sommet de la tour Eiffel se met littéralement à bugger, et s’arrête à 216 km/h. À l’échelle nationale, Lothar a fait 92 morts dans l’hexagone.
On espère surtout, malgré les canicules qui risquent de revenir, que Paris et la France connaîtront une période d’accalmie, sans catastrophes naturelles majeures.
Photo à la une : Tempête Lothar à Paris face à la tour Eiffel © Paris Match Archives, Eric Bouvet/Gamma-Rapho