
Sous le Rennes moderne, avec ses grandes places héritées du XVIIIe siècle et ses façades classiques reconstruites après l’incendie de 1720, sommeille une ville bien plus ancienne. Une ville de bois et de granit, de remparts et de ruelles, dont les traces, pour qui sait les chercher, affleurent encore à chaque coin de rue. Plongée dans le Rennes médiéval que l’on ne voit plus, mais qui n’a pas tout à fait disparu.
Urbs Rubra, la ville rouge
Avant d’être la ville aux grandes places et aux façades de tuffeau, Rennes portait un autre nom, bien moins connu : Urbs Rubra, la « ville rouge ». L’appellation, que l’on retrouve dans plusieurs écrits de l’époque moderne, vient sans doute de la couleur de ses fortifications, construites en brique et en schiste pourpre, matériaux qui donnaient à ses murailles une teinte sombre et brûlée, bien différente du blanc calcaire que l’on associe aujourd’hui à son centre historique.
1. Les Portes Mordelaises, la porte des ducs

Au bout de la rue de la Monnaie, les Portes Mordelaises s’élèvent comme un fragment de temps suspendu. Elles constituent l’un des rares vestiges véritablement intacts de l’enceinte médiévale de la ville, et leur histoire est bien plus riche que leur silhouette austère ne le laisse supposer. Des fouilles archéologiques récentes ont montré qu’à cet emplacement existait déjà une porte antique, inscrite dans l’un des quatre axes principaux de la ville de Condate. Les mâchicoulis en granit, ses petits arcs, une signature typiquement bretonne que l’on retrouve aussi à Vannes et à Guérande. C’est ici que les ducs de Bretagne entraient dans la ville lors des cérémonies officielles. C’est ici, aussi, que fut scellée l’entrée dans le royaume de France.
2. Les colombages, un trésor caché sous le crépi
Au XVIIIe siècle, l’architecture médiévale était jugée démodée, grossière, indigne d’une ville qui se voulait moderne. On enduisit donc les façades à colombages d’un épais crépi, les effaçant du regard sans pour autant les détruire. Ce geste de dissimulation fut, involontairement, un geste de conservation. Protégées des intempéries, des rénovations maladroites et des bombardements, ces charpentes de chêne ont traversé les siècles en dormant sous leur manteau de plâtre. Ces dernières décennies, le travail de restauration a permis de dégager et de sauver près de dix kilomètres de ces façades cachées. Le résultat est saisissant : Rennes possède aujourd’hui l’un des ensembles de maisons médiévales à colombages les plus remarquables de France, comparable à ce que l’on trouve à Rouen ou à Chester, en Angleterre.
Voir cette publication sur Instagram1,232 likes, 54 comments – afadingsummer le August 20, 2025: "Postcards from my hometown Rennes and its beautiful city center 💙🤎🌿 I always love the atmosphere during Summer! ☀️".
3. Les fouilles de l’Hôtel-Dieu

En 2022, les pelleteuses qui s’attaquaient au chantier de l’Hôtel-Dieu ont mis au jour quelque chose d’inattendu : une nécropole. Près de 600 tombes datant des IVe au VIe siècles, ainsi que les vestiges d’un sanctuaire du Ier siècle. Rennes s’est découverte sous les pieds de ses habitants.