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Quand on est commerçant et que l’on tombe sur un client casse-pieds, on aurait bien envie d’exprimer tout haut son exaspération… Seulement voilà : le client est roi donc on se doit de garder pour nous les petits mots grossiers qu’on rêve de lui répondre. Au XIXe, sur le marché des Halles, les bouchers avaient trouvé la solution : inventer un langage bien à eux pour éviter de se faire comprendre du client ! Paris ZigZag a percé à jour leur secret et vous donne une petite leçon de Louchébem.

Un langage reprenant l’argot des brigands 

Le Louchébem est donc l’argot du boucher, ou plutôt « largonji des louchébems », un langage crypté que l’on parle entre soi. Il reprend la construction de l’argot des brigands parlé au début du XIXe siècle dans les prisons françaises… Et souvent méconnu des matons. Il se développe dans le milieu des abattoirs et de la boucherie au milieu des années 1850 et fut parlé couramment dans les Halles de Paris.

Pour parler Louchébem, rien de plus simple : vous remplacez la première lettre du mot par un L, puis vous placez cette première lettre à la fin du mot ; enfin, vous accolez des suffixes tels que –è, -em, -oc, –uche, –ic qui varient selon la sonorité et les goûts de chacun.

Petit lexique rapide
– Client : linclès
– Bonjour : Lonjourbem
– Gigot : ligogem
– Sac : lacsé
– Merci : lercimuche
– Café : laféquès

À noter que le mot « Loufoque » ne se traduit pas : c’est du Louchébem passé dans le vocabulaire commun. Il signifie « fou » !

Aujourd’hui, quelques apprentis bouchers et des anciens du métier continuent à perpétuer cette tradition. S’il vous arrivait d’entendre un drôle de dialecte entre bouchers parisiens, vous pourriez maintenant le décrypter… En espérant que ceux qui l’emploient ne soient pas en train de parler de vous !

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