Il n’y a pas à dire, les présidents de la République française savent faire dans l’originalité en ce qui concerne leur vie privée. Après vous avoir raconté l’histoire cocasse de Félix Faure, décédé à l’Élysée après une petite gâterie de sa maîtresse, on vous raconte aujourd’hui les habitudes très libérées d’Adolphe Thiers, le « Président aux trois femmes ».

Un homme autoritaire, ambitieux… et polygame

Premier président de la Troisième République de 1871 à 1873, deux fois Président du Conseil sous la Monarchie de juillet, six fois ministre, Adolphe Thiers est l’une des figures majeures du panorama politique du XIXe siècle.  Connu pour ses idées conservatrices, décrit par Balzac comme une “girouette qui malgré son incessante mobilité reste sur le même bâtiment” (La Chronique de Paris, 1836), il reste aujourd’hui avant tout connu pour sa répression sanglante des insurgés la Commune de Paris en 1871. Mais étonnamment, dans sa vie privée, cet homme ambitieux et autoritaire était un grand adepte des plaisirs charnels et un polygame convaincu.

Les trois moitiés d’Adolphe Thiers : une mère et ses deux filles sous le même toit

Eh oui, pendant des années, Adolphe Thiers a vécu, au sein d’un même foyer, avec trois femmes ! Mieux, ses « trois moitiés » comme la presse aimait à les appeler, n’étaient pas seulement issues de la même famille, elles étaient surtout mère et filles.

Tout commence au début des années 1830, lorsqu’Adolphe Thiers rencontre Euridyce et Alexis Dosne. Ce dernier est un agent de change aisé, influent en politique, son épouse est une femme ambitieuse qui voue assez vite une admiration sans faille à Adolphe Thiers, figure politique montante de la Monarchie de juillet.  Rapidement, Euridyce Dosne devient la maîtresse de l’homme politique. Mariée et mère de famille, elle ne peut néanmoins pas être aussi proche de lui qu’elle le souhaiterait ! Pour être certaine de le garder à ses côtés, elle décide alors de lui faire épouser sa fille Élise, à peine 15 ans, et de faire s’installer le couple à son propre domicile.

La jeune soeur d’Élise, Félicie, ne tardera pas à entretenir, elle aussi, une relation avec l’homme politique qui demeure sous son toit. L’homme vit alors avec son épouse, ses deux maîtresses… et Alexis Dosne, l’époux de sa première maîtresse et père des deux jeunes filles. Cette triple relation, connue de tous et souvent raillée dans la presse, se poursuivra jusqu’à la mort d’Euridyce Dosne, la mère, en 1869. Adolphe Thiers devra alors se contenter d’une épouse et d’une seule maîtresse jusqu’à son décès en 1877.

Les quatre protagonistes de cette histoire reposent aujourd’hui dans le mausolée dédié à Adolphe Thiers et édifié au coeur du Père-Lachaise (30e division). Alexis Dosne, le mari trompé, fait également partie des occupants du mausolée. Un ménage à cinq qui tient sur la durée !

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