La cour du Commerce-Saint-André fascine. En plein cœur du quartier de l’Odéon, elle relie le boulevard Saint-Germain à la rue Saint-André-des-arts. Son côté authentique s’allie à une histoire riche et elle mérite toute notre attention : on vous la fait découvrir.

Une halte pour l’élite intellectuelle

L’histoire de ce passage à ciel ouvert commence au XVIIIe siècle. D’abord terrain de jeu de paume, il est placé sur les fossés de l’enceinte Philippe Auguste qui délimitait la ville de Paris. On peut d’ailleurs toujours y voir des vestiges de cette fortification : au n°4, dans le restaurant Un Dimanche à Paris, on aperçoit les restes d’une tour. Mais, ce n’est pas le seul clin d’oeil à l’Histoire de Paris que nous offre cette cour charmante. En effet, elle peut se targuer d’avoir été un refuge pour les penseurs et… les révolutionnaires.

C’est ici que se retrouvaient les grands penseurs des Lumières, plus particulièrement au Procope, dont la porte arrière donne sur la cour. Ce café, le plus vieux de Paris, a ouvert ses portes en 1686 et a vu passer du beau monde : Voltaire, Rousseau, Diderot et Montesquieu y avaient leurs habitudes. Ce sont ensuite les hommes de la Révolution qui en font leur QG : Danton, Marat ou encore Robespierre s’y attablaient régulièrement. Le premier vivait d’ailleurs dans le passage, au numéro 20. On ne peut plus voir son sublime appartement de sept pièces, les travaux de construction du boulevard Saint-Germain ayant amputé une partie de la cour, mais une statue à son effigie a été installée à l’endroit où se trouvait son domicile, désormais sur le boulevard.

Un peu plus loin dans le passage, c’est à une autre pointure de la Révolution que l’on avait affaire. Marat y avait installé l’imprimerie de son journal politique L’ami du Peuple. Une cloche, encore visible au-dessus de la toiture du café, était sonnée afin de faire savoir que le journal était prêt. On imagine donc très bien le fort pouvoir contestataire qui se dégageait de cette petite cour du 6e arrondissement…

Le lieu de naissance de la guillotine…

En 1792, Marat et Danton ont un étrange voisin : le charpentier Schmidt. Ce nom ne vous dit peut-être pas grand-chose, mais c’est dans son atelier qu’un certain Joseph Ignace Guillotin a mis au point sa plus célèbre invention. Les premiers tests de la guillotine ce sont déroulés dans le passage, d’abord avec des bottes de paille, puis avec des moutons vivants. La machine de la mort a ensuite été déplacée pour les essais sur les cadavres, puis pour ses heures de gloire sur la place de Grève.

… Qui reste cependant un lieu plein de charme !

Avec ce passé historique chargé, c’est pourtant aux nombreux commerces que la rue doit son nom. Et c’est ce charme de vieilles boutiques qui transparaît toujours aujourd’hui. On peut y admirer de nombreuses vieilles enseignes. On vous recommande de vous asseoir pour un café au Procope ou au Relai Odéon, une autre adresse mythique dont la façade Art nouveau vaut le coup d’œil. Lors de notre balade, on traverse les époques et les vieux pavés nous aident à faire ce bond dans le temps.

Les façades, les toitures, les trois entrées et la verrière sont d’ailleurs inscrites aux titres des monuments historiques. La verrière n’était pas là à l’origine, mais la tendance des passages couverts a touché le quartier et elle fut donc construite au XIXe siècle. Cette partie couverte est très travaillée et donne encore plus de majesté à la cour du Commerce-Saint-André. Si l’envie de flâner vous prend, vous pouvez également rejoindre la sublime cour de Rohan voisine. Elle cache également de nombreux trésors, mais attention : cette dernière est bien souvent fermée, il faudra donc – gentiment – demander aux résidents de nous laisser y passer !

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