
Territoire riche de par son histoire, la Savoie doit aussi sa renommée à ses paysages spectaculaires entre lacs et montagnes, mais aussi à de charmants villages qui offrent un sacré bol de dépaysement. Comme cette “Petite Cité de Caractère” nichée au pied des montagnes qui, été comme hiver, ne manquent pas d’occasions d’émerveiller les curieux…
Une cité bercée par des siècles d’Histoire
Son territoire est occupé depuis 650 avant J.-C. selon le site des “Petits cités de caractère”. Dès le Ve siècle, des potiers s’y installent pour fabriquer des céramiques à vernis argileux luisant, comme en témoignent les objets exposés au musée gallo-romain du village. Inauguré en 2001, le musée abrite une collection permanente née des fouilles menées entre 1976 et 1987 sur le site de Portout et qui ont permis de mettre au jour les restes d’un atelier de potiers installé au bord du Canal de Savière dans la première moitié du Ve siècle après J.C. L’occasion pour les curieux de découvrir un large éventail de la vaisselle utilitaire produite à l’époque, mais également des bijoux, des monnaies, des amphores et d’autres objets usuels, témoins de la vie quotidienne en milieu rural à la fin de l’Empire romain d’Occident. Selon les saisons, une partie du Musée se réinvente et permet également de découvrir une nouvelle exposition temporaire historique ou artistique. Dans sa longue histoire, la cité connaîtra ensuite un important essor économique, d’abord au Moyen-Âge en tant que siège d’une châtellenie de la Maison de Savoie, puis au XIXe siècle avec le développement du tourisme fluvial. Il est en effet bon de rappeler que le village a été pendant longtemps la frontière entre le Duché de Savoie et la France. Le canal de Savière était l’une des principales voies de communication entre le lac du Bourget et le Rhône, canal sur lequel étaient transportées de nombreuses denrées telles le vin, les épices ou encore les tissus.
Richesse architecturale et forte culture de l’artisanat
Une riche histoire dont le village a gardé de somptueuses traces, en particulier dans son quartier historique accessible en traversant la passerelle au-dessus du canal. Petites ruelles pentues et fleuries du XVe et XVIe siècles, maisons anciennes aux façades de pierres, avec fenêtres à meneaux et toits de tuiles plates recouverts de mousse et autres vestiges du passé comme la Maison de Boigne, le pigeonnier, le four banal et l’ancienne prison finissent de rendre la virée encore plus belle. Abritant aujourd’hui la mairie, la Maison de Boigne, ou “Grand’maison”, fut bâtie au XIIIe siècle et a notamment appartenu à la Maison de Savoie jusqu’au XVIe siècle. Propriété de la commune depuis 1969, la demeure est aujourd’hui inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Autre monument incontournable : le Musée Gallo-Romain, abrité dans une ancienne chapelle gothique. La présence d’un tel musée rappelle également aux néophytes qu’il y a toujours eu une forte culture de l’artisanat à Chanaz, et celle-ci dure encore. Autrefois port régional prospère, cette destination de rêve conserve encore aujourd’hui l’âme d’un village authentique avec ses nombreuses échoppes d’art à découvrir lors d’un séjour en Savoie. Outre le moulin à huile, toujours en activité, qui perpétue un savoir-faire ancestral avec la production d’huile de noix et de noisettes, les ruelles de Chanaz regorgent de petites merveilles, que l’on soit amateurs de cafés, de bougies parfumées, de miel ou encore de bière. Il ne faut d’ailleurs pas longtemps pour comprendre que le surnom de “Petite Venise de Savoie” n’est pas volé. Un doux paradis qui répond à un nom désignant un lieu où les chênes sont abondants : Chanaz.
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La nature comme (vaste) terrain de jeu
Quand le beau temps est de la partie, impossible de profiter pleinement de Chanaz sans une attention sur cet élément naturel indissociable du village : l’eau. Des croisières individuelles ou commentées sont possibles sur le canal de Savières, afin d’en apprendre toujours plus sur l’histoire de la région. L’occasion de mettre en avant un phénomène bien particulier : un courant qui peut inverser sa course au gré des intempéries. Tandis que le canal prend sa source au lac du Bourget pour se jeter dans le Rhône, il arrive que son débit reflue lorsque ce dernier entre en crue. Néanmoins, la présence d’une écluse construite au XIXe siècle et du barrage de Lavours viennent canaliser ce jeu de balancier et faciliter la navigation. Au-delà de cette particularité, le cours d’eau offre aussi la possibilité de partir sur l’eau en paddle ou en canoë-kayak. À moins que l’on ne préfère opter pour le vélo, et emprunter la ViaRhôna à la découverte de la Chautagne ou suivre le parcours en direction du lac du Bourget. Autant de raisons qui expliquent pourquoi une foule de 300 000 visiteurs foulent chaque année les ruelles et environs de Chanaz, sous le regard des quelque six cents habitants permanents. Une effervescence qui s’explique enfin par la vie culturelle de Chanaz, qui prend encore plus d’ampleur en automne. Proposant souvent des manifestations originales autour de la Toussaint, comme des ateliers créatifs inspirés par la saison ou l’histoire locale, le village bat notamment son plein lors des festivités d’Halloween, où un défilé haut en couleur anime les rues du centre. De quoi permettre aux plus jeunes comme aux touristes de découvrir Chanaz sous un angle festif et même mystérieux.
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Image à la une : Chanaz © Adobe Stock
