
À seulement 35 km au sud-ouest de Paris, sur la commune d’Angervilliers, se dresse un patrimoine chargé d’histoire, connu sous le nom de Domaine des Trois Colonnes, où vestiges médiévaux, romantisme et abandons tragiques se mêlent, captivant les amateurs d’urbex et de patrimoine en quête d’émotion.
Un domaine aux racines royales et aristocratiques
L’histoire commence dès le XIVᵉ siècle, quand Élisabeth d’Angervilliers fait ériger un château seigneurial. Il passe en 1555 entre les mains d’Anne de Pisseleu, favorite de François Ier, puis à des familles de la haute noblesse, dont les De Thou, Bouhier ou Bauyn, témoignant d’une lignée prestigieuse et influente jusqu’à la Révolution.
Renaissances et drames familiaux
En 1815, un élégant « petit château rose » est reconstruit, à l’emplacement de l’ancien, tandis qu’un manoir anglo-normand voit le jour au début du XXᵉ siècle. Mais le domaine connaît l’ombre : en 1792 son propriétaire se suicide dans la pièce d’eau. Plus tard, pendant la Seconde Guerre mondiale, les époux Weisweiller, propriétaires d’origine juive, sont victimes de la barbarie nazie : il se suicide, elle périt à Auschwitz.
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Un décor actuel : ruines, végétation et street art
Abandonné dans les années 2000 par son dernier propriétaire, un industriel, le manoir et ses communs sont aujourd’hui dans un état de ruine spectaculaire, envahis par une végétation dense. Les passionnés d’urbex en quête de street art, d’escaliers délabrés, de statues romantiques et même d’une citerne de fioul se pressent pour immortaliser cette splendeur abandonnée.
Les trois colonnes : symbole d’un rêve effacé
Le parc, vaste de 50 hectares, abrite les trois célèbres colonnes gréco-romaines – vestiges poétiques du château – émergeant au milieu d’un ancien plan d’eau. Les aqueducs souterrains et le tracé d’un jardin à la Le Nôtre complètent l’image d’un domaine magnifique aujourd’hui presque oublié.
Une partie sauvée et rénovée par la commune
Depuis 1983, la commune a racheté certaines portions – tels l’orangerie de 1682, aujourd’hui mairie, et le colombier, devenu bibliothèque – tous deux classés monuments historiques. Mais le domaine central, pitoyable et fascinant, reste en attente d’un projet de réhabilitation.
Un site plein de promesses et de mystères
Le château d’Angervilliers est un lieu habité par l’histoire, où luxe aristocratique et tragédies familiales se mêlent à une nature dévorante et à l’esthétique de l’abandon. C’est un décor hors du temps, propice à la méditation, à la photographie, à l’urbex ou simplement à la rêverie. Une destination intrigante pour cette Essonne mystérieuse, entre Paris et la campagne, invitant à scruter les restes d’un passé opulent devenu fable rurale.
Crédit photo de une : Urbex Session