Barbara, la « femme qui chante » célébrée dans une exposition gratuite à Paris

Barbara se maquillant, années 70 par Marcel Imsand Dpt de la Musique, BnF Crédit : © Photo Elysée, Lausanne, Fonds Marcel Imsand

« Imaginez une femme de 35 ans qui a toujours chanté… comme on respire. Parce que, pour elle, il n’y avait pas deux façons de vivre ». C’est par ces mots que se raconte Barbara. Et c’est à ce dévouement pour la chanson que la Bibliothèque nationale de France rend hommage dans une petite exposition gratuite dédiée à l’artiste jusqu’au 6 avril 2026. Grâce à un don d’une centaine de documents d’archives, complété par des photographies, extraits audiovisuels et partitions, ce parcours célèbre le lien amoureux qui s’est tissé entre la « femme qui chante » et son public.

Le don d’une centaine de documents

Après la Philharmonie qui avait dédié une exposition à Barbara en 2017, la Bibliothèque nationale de France consacre elle aussi l’un de ses espaces à la carrière de la chanteuse, près de trente ans après sa disparition. En partageant le fonds donné en 2023 par l’association Barbara Perlimpinpin, ce parcours rassemble dans une salle plus d’une centaine de photographies, documents d’archives, extraits audiovisuels et partitions.

Affiche des premiers concerts de Barbara à l’Écluse vers 1958-1964 Dpt de la Musique - Crédit : BnF
Affiche des premiers concerts de Barbara à l’Écluse, vers 1958-1964. Dpt de la Musique – Crédit : BnF

Contrairement à celle de la Philharmonie, cette exposition gratuite ne prétend pas couvrir l’ensemble de l’oeuvre de Barbara – ce qui serait audacieux dans une seule pièce -, mais tente de se concentrer sur ses méthodes de travail, son rapport à la scène, à sa célébrité et à son public. Elle commence au tout début de sa carrière, lorsque celle-ci n’était alors qu’interprète, avant de se consacrer à l’écriture et à la composition d’une centaine de chansons jusqu’à l’année de sa disparition, en 1997.

Barbara au fil des témoignages 

L’exposition s’adresse à des personnes déjà connaisseuses de l’oeuvre de Barbara. Elle retrace de manière sommaire sa carrière, sans chercher à contextualiser davantage. Ainsi, les documents présentés sont là pour illustrer des moments importants de sa vie artistique et de ses combats. On peut y découvrir des photographies, des articles et des affiches de ses premières scènes, des archives audiovisuelles de ses concerts et de ses enregistrements, mais aussi des carnets, des partitions annotées, des lettres d’admirateurs ou des témoignages de son engagement dans la lutte contre le sida.

Vue de l'exposition - © Elie Ludwig / BnF
Vue de l’exposition – © Elie Ludwig / BnF

« Une femme qui chante »

La découverte de ces documents permet de nous éclairer sur l’amour sincère que Barbara porte à la musique, refusant tout culte de sa personne. Loin de vouloir enchaîner les concerts comme un « fonctionnariat de la chanson », l’artiste y témoigne sa nécessité de chanter comme on respire : « Je ne suis pas intellectuelle, je ne suis pas une héroïne, je suis une femme QUI CHANTE », peut-on lire.

Barbara sur la scène de l’Olympia en 1978 avec public en face par Marcel Imsand Dpt de la Musique, BnF Crédit : © Photo Elysée, Lausanne, Fonds Marcel Imsand
Barbara sur la scène de l’Olympia en 1978 avec public en face par Marcel Imsand Dpt de la Musique, BnF Crédit : © Photo Elysée, Lausanne, Fonds Marcel Imsand

Une intuition pour la chanson confirmée par son accordéoniste Roland Romanelli, qui la compare à un « metteur en scène » ayant à l’esprit une image et laissant ses musiciens composer la musique de son film. Son dévouement s’observe au fil des vidéos, dans laquelle elle se montre tantôt investie lors d’un enregistrement en studio, tantôt emportée lors d’un concert à Pantin. En ce sens, on prend autant plaisir à regarder Barbara qu’à l’écouter.

Romane Fraysse

Dis, quand reviendras-tu ? Barbara et son public
Bibliothèque nationale de France
Quai François Mauriac, 75013 Paris
Jusqu’au 5 avril 2026
Entrée gratuite

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Image à la une : Barbara se maquillant, années 70 par Marcel Imsand. Dpt de la Musique, BnF – © Photo Elysée, Lausanne, Fonds Marcel Imsand