
Il fut un temps où le dessin n’était pas considéré comme un art en soi, mais comme une esquisse. Avec l’avènement moderne de lithographie et de la bande dessinée, la tendance s’est inversée et les expositions dédiées se multiplient. L’occasion de mettre en lumière l’une des plus importantes collections d’art graphique au monde, celle du centre Pompidou, dont une sélection est exposée jusqu’au 15 mars 2026 au Grand Palais. Parmi les collages, illustrations ou carnets de Henri Matisse, Alberto Giacometti ou Robert Breer, cette exposition explore intelligemment le dessin sous ses formes les plus inventives.
Un parcours qui grouille de bonnes idées
Alors que le centre Pompidou est fermé pour un chantier de plusieurs années, ses collections s’exposent désormais dans les nouveaux espaces du Grand Palais. Parmi elles, la collection du cabinet d’art graphique du centre Pompidou qui, avec plus de 35 000 dessins, collages, estampes ou carnets, est présentée comme l’une des plus importantes au monde sur la période moderne et contemporaine. Pour cette exposition, 300 oeuvres ont été sélectionnées dans un parcours astucieusement conçu par thématiques avec comme grandes lignes d’exploration du dessin : « étudier », « raconter », « tracer », « animer ».

Ainsi, au fil de ces créations des XXe et XXIe siècles, on approche d’abord le dessin comme une esquisse, rôle qui lui était autrefois confié avant qu’il ne devienne une oeuvre à part, capable de narrer des histoires, dénoncer par la satire, balbutier des émotions chaotiques, performer l’expérience créatrice, inventer de nouvelles écritures ou explorer des dynamiques.
Des oeuvres signées par de grands noms

Parmi la collection du centre Pompidou, on tombe avec délice sur des oeuvres signées par Amedeo Modigliani, Joan Miró, Henri Michaux, Roland Barthes ou Robert Longo. Certaines sont de vraies découvertes, à l’instar d’un carnet de dessins d’Alberto Giacometti, de scènes crayonnées par Marc Chagall d’après ses souvenirs d’enfance, ou d’un croquis du tout jeune Jean Cocteau. On aperçoit aussi les recherches d’Henri Matisse avec ses gouaches découpées et assemblées au moyen de punaises, ou encore la grammaire des formes développée par Vassily Kandinsky.
Le dessin, un mouvement dynamique

Le parcours dévoile différents supports, notamment des films dans lesquels le dessin devient créateur de mouvement : c’est le cas du court-métrage d’animation Other Faces de William Kentridge, de la performance de Robert Morris avec les mains enduites de poudre de graphite, ou du film expérimental A Man and his Dog Out for Air du réalisateur et peintre Robert Breer. Frénétique, rythmique, vivant, le trait n’est plus ce qui cerne, mais s’émancipe d’un naturalisme des formes pour s’exprimer en tant que tel.
Romane Fraysse
Dessins sans limite.
Chefs-d’œuvre de la collection du Centre Pompidou
Grand Palais
17 avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris
Jusqu’au 15 mars 2026
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Image à la une : Robert Longo, Men in the Cities, 1981 – 1999, 242 x 150 cm © Adagp, Paris, 2025 © Centre Pompidou MNAM-CCI – Philippe Migeat – Dist.GrandPalaisRmn